AccueilCritiquesComédie dramatiqueMURIEL FAIT LE DESESPOIR DE SES PARENTS

MURIEL FAIT LE DESESPOIR DE SES PARENTS

Lorsque Muriel, 17 ans, tombe amoureuse de sa meilleure amie Nora, elle se décide à en parler à sa mère, mais cette dernière réagit mal à cette annonce…

Dans le paysage cinématographique français, Philippe Faucon fait figure de réalisateur discret et à la retenue notable n’enchainant pas les projets (à peine dix longs métrages en 35 ans de carrière!). Son troisième opus, Muriel fait le désespoir de ses parents, sensible chronique d’une adolescente mal dans sa peau qui se cherche dans son désir, a tout de la fiction « minimale », à l’écriture modeste et qui, pourtant, ne manque pas de qualités. Faucon observe sa jeune héroïne avec tact, pudeur, procédant par petites touches et ne cherchant ni effets dramatiques ni effusions de sentiments. Le style du cinéaste se rapproche d’un Eric Rohmer auquel on pense tout de suite pour sa ressemblance avec sa série des Contes, mettant en scène des jeunes adultes en proie à leur émois amoureux. Le naturel des situations, la vérité qui se dégage des rapports entre les protagonistes sautent aux yeux et ces trajectoires sentimentales nous touchent parce que tout simplement, on est tous passés par là. Le minimalisme de la réalisation peut par moments évoquer un simple téléfilm, en tout cas Faucon garde bille en tête son portrait féminin et tente de montrer combien la confusion des désirs n’est pas rare en fin d’adolescence. De plus, il ne propose pas un énième film sur la découverte de l’homosexualité sous forme de thèse en faveur de la différence, il ausculte juste les doutes et les maladresses de Muriel.

Les interprètes Catherine Klein, Dominique Perrier et Marie Rivière (actrice fétiche de Rohmer) filmées quasiment sans artifice apportent elles aussi leur pierre à l’édifice par un jeu sobre et naturaliste. Comme il le fera vingt ans plus tard avec son très beau Fatima, Philippe Faucon se rapproche au plus près des êtres que sa caméra suit, ici avec une sensualité certaine lorsqu’il s’agit de cadrer les étreintes parfois hésitantes, ou là avec une étonnante justesse lors des échanges entre Muriel et sa mère qui sont sûrement les scènes les plus belles de ce film attendrissant.

ANNEE DE PRODUCTION 1995.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Dans la lignée du cinéma intimiste de Rohmer, Philippe Faucon décrit avec justesse les émois amoureux d'une adolescente confuse dans son désir. Joliment accompagnées par des actrices sensibles.

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