Serge cherche la vérité sur la mort de son frère Claude. Il soupçonne Marina, sa petite amie, mais finit par en tomber amoureux. Désormais convaincu de son innocence, Serge construit son bonheur avec elle. Un jour pourtant, un policier les attend et leur vie bascule…
Principalement scénariste pour Claude Chabrol dans toute la décennie 60, l’écrivain Paul Guégauff s’était spécialisé dans les intrigues policières, les faux semblants, les coupables tout désignés, les suspenses plutôt bien huilés. Mais le jour où il a concocté le script de Qui?, soit il avait sérieusement bu un coup de trop, soit il n’était vraiment plus en totale maitrise de son imagination!! Ce scénario à la fois sans queue ni tête, aux enjeux obscurs, ne décolle non seulement jamais, mais souffre de tous les maux possibles (illogisme, rythme mou, invraisemblable) et le réalisateur en charge de le mettre en images, Leonard Keigel, ne sait tout simplement pas comment faire décoller cette intrigue paresseuse et passablement ridicule. Un homme disparait dans un accident de la route, son corps n’est pas retrouvé et sa fiancée, seule survivante, est accusée du « meurtre » par le frère de ce dernier! Bon… soit! Sauf que ça ne mène nulle part et qu’à aucun moment, on ne vibre à ce mauvais épisode de série noire. Keigel manie la caméra comme un pied, l’image est laide, la musique mal choisie, les seconds rôles inexistants ou presque… Qui? semble vouloir jouer la carte du thriller « fantasmatique » (le mort est il vraiment mort?), au lieu de nous questionner, il nous endort inévitablement!
Que sont venus faire dans cette galère le duo Romy Schneider/Maurice Ronet, réunis de nouveau un an après La Piscine (autrement plus inquiétant)? Romy, bien sûr, à la beauté éclatante de sa trentaine triomphante, mais qui parait se demander ce qu’elle a à défendre tout du long! Quant à Ronet, il a du mal à être régulièrement crédible dans son interprétation (le pire restant une scène de beuverie où il en rajoute des caisses pour sembler bourré!). Deux talents gâchés par un manque total de cohésion, de cohérence et de substance! Le film est creux, vide, ennuyeux! Chabrol n’aurait même pas pu faire de miracles s’il avait été derrière la caméra, une mauvaise histoire restant définitivement rédhibitoire. Un navet à oublier dare dare!
ANNEE DE PRODUCTION 1970.



