Habité par Victor Hugo, le comédien Robert Zucchini traîne une douce mélancolie lorsqu’il n’est pas sur scène. Chaque soir, il remplit les salles en transmettant son amour des mots. Jusqu’au jour où réapparaît sa fille, qu’il n’a pas vue grandir… Et si aimer, pour une fois, valait mieux qu’admirer ?
Avant de mourir tragiquement d’un cancer, la scénariste et réalisatrice Sophie Fillières avait concocté ce script autour de la figure légendaire de Victor Hugo et l’avait articulé autour de l’acteur qui a déjà souvent lu des textes de l’écrivain sur scène, Fabrice Luchini, lui même admirateur inconditionnel de l’auteur des Misérables. Tout naturellement, c’est Pascal Bonitzer, ancien mari de Sophie Fillières, qui reprend ce projet et en assure la mise en scène. L’histoire tient donc sur un postulat simpliste: suivre un acteur au travail, obnubilé par Hugo, lire ses poèmes, réciter des pans entiers de textes, faire vivre ses mots… avec une vague mini intrigue autour de sa fille qu’il n’a pas vu depuis des années et avec laquelle il voudrait renouer des liens. Justement, le bât blesse sérieusement au niveau de la réalisation puisque Bonitzer, que l’on a connu plus mordant dans le passé, ne fourmille ici pas d’idées ingénieuses et se contente de filmer platement des captations du véritable spectacle live de Luchini à la Porte Saint Martin sur devinez qui? Hugo bien sûr! Cette mise en abyme entre réalité et fiction fonctionne le temps de trois scènes, puis finit par lasser et presque ennuyer! On a peine à retrouver la verve comique intello de Rien sur Robert par exemple, malgré la présence de son comédien qu’il redirige vingt huit ans après.
Entièrement bâti autour de Luchini, qui se nomme ici Zuchini (soit!), Victor comme tout le monde navigue à vue et ne tient debout que par le talent d’orateur acteur qui aime beaucoup s’écouter parler et séduit tout de même par moments quand il se laisse aller à une certaine mélancolie. La participation amicale de Chiara Mastroianni, charmante, en compagne rassurante nous vaut quelques jolies minutes complices attendrissantes. Que le film soit totalement sous la coupe de Luchini pourrait passer, le souci est bel et bien que sans lui, ce bateau ferait très rapidement naufrage! Seuls les fans irréductibles de l’acteur pourront y trouver leur compte.
ANNEE DE PRODUCTION 2026.



