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SHOCK CORRIDOR

Johnny Barett, journaliste ambitieux qui souhaite obtenir le Prix Pulitzer, projette de s’immerger dans un asile psychiatrique pour démasquer l’auteur d’un meurtre qui s’y est déroulé. Avec la complicité réticente de Cathy, stripteaseuse, qui se fait passer pour sa soeur, victime de ses tendances incestueuses, il est arrêté, interné, et commence à simuler des troubles mentaux…

Samuel Fuller fut l’un des réalisateurs indépendants les plus libres et les plus audacieux à une époque où les studios avaient la main mise dominante sur le cinéma américain. Il put ainsi traiter de sujets controversés. Comme en témoigne ce Shock Corridor, véritable descente en enfer dans l’univers terrifiant des institutions psychiatriques. Voulant résoudre une énigme autour d’un crime, un journaliste zélé se fait donc passer pour fou et enfermé dans un asile où il va côtoyer la folie au plus près… quitte à y laisser toutes ses facultés mentales à son tour! La galerie de personnages pittoresques se trainant et titubant tels des zombis (un obèse se prenant pour un ténor, un noir prêchant le racisme et se réclame du Ku Klux Klan, un autre se croit grand général d’armée, etc…) est à l’image de la photographie hallucinée de Stanley Cortez, son noir et blanc crayeux, et des séquences de délire tournées en couleurs pour en souligner le caractère démentiel. Cette parabole sur une Amérique malade de ses névroses (problèmes d’identité, rejet de l’autre, schizophrénie) possède un côté trash osé pour l’époque, soutenu par une mise en scène angoissante: les cris des aliénés, la claustrophobie des lieux entrainent le spectateur dans un environnement perturbant à l’extrême. Et comme Barett, on a bien du mal à garder à l’esprit que cette expérience est juste « pour de faux ». Très belle scène où il se met à pleuvoir des trombes d’eaux dans les couloirs comme si les malades avaient tant souhaité retrouver le goût du « dehors » qu’ils en feraient venir la pluie!

L’acteur Peter Breck, dont la carrière se résumera à ce film fulgurant, joue l’ambivalence entre raison et folie avec beaucoup d’ingéniosité. Fuller désirait clairement créer un choc dans l’Amérique conservatrice en abordant des thèmes « interdits » comme la guerre au Viet Nam, les dérives xénophobes du Ku Klux Klan et le danger du nucléaire. Il y réussit grandement avec cette oeuvre directe, brutale: une subversion qui peut paraitre un peu plus mesurée aujourd’hui mais totalement à part dans le paysage cinématographique global. Milos Forman s’en inspirera largement pour mettre sur pied son Vol au dessus d’un nid de coucous, tout aussi désespéré et radical.

ANNEE DE PRODUCTION 1963.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un film gonflé, terrible constat d'une Amérique malade et analyse précise de l'enfer des asiles de fous. Samuel Fuller livre une oeuvre coup de poing qui résiste aux années.

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