Dans le cadre de son étude portant sur les félins sauvages, Hank, scientifique américain, est parti s’installer en Afrique pour vivre parmi ces animaux à la réputation extrêmement dangereuse. Sa maison est un refuge pour plus d’une centaine de fauves que le chercheur élève en toute liberté… Son épouse Madeleine et leurs enfants, Mélanie, John et Jerry le rejoignent, assez terrifiés par les « occupants » de la maison…
Dans la liste pas si longue de films maudits de l’histoire du cinéma, Roar occupe sûrement une place de choix dans les dix premiers du genre. Le producteur Noel Marshall et sa femme, l’actrice Tippi Hedren (découverte par Hitchcock dans Les Oiseaux), totalement investis dans la cause animale et la défense des grands fauves du Kenya et de Tanzanie ont eu l’idée d’un docu fiction dans lequel ils évoluent au milieu d’une vingtaine de lions, tigres, panthères (mais aussi des éléphants), apprivoisés mais non dressés, jouant avec eux, souvent au risque de blessures graves, et « improvisant » presque au fur et à mesure une simili intrigue peu convaincante écrite avec les pieds! Roar n’a de réel intérêt que pour admirer des animaux sauvages représentant d’habitude un danger patent pour les humains et « utilisés » comme des peluches que l’on caresse, tripote, embrasse, enlace tout au long d’une heure et demie de projection. Avec un réalisme vu nulle part ailleurs avant, Roar semble se ficher de son contenu, pour privilégier des prises de vues hallucinantes, une caméra sans cesse en alerte pour « capter » des plans plein de complicité entre les animaux et cette famille passablement barge. Le message pseudo écolo et évidemment en guerre contre les braconniers et leurs pratiques barbares ne sont que survolés dans un maelstrom d’images répétitives de lions sous toutes les coutures! Des lions jusqu’à l’overdose, en veux tu en voila!
Pour incarner ses personnages insignifiants, Noel Marshall a tout naturellement embauché sa propre famille et donne le rôle principal à Tippi Hedren, qui n’a littéralement plus tourné depuis de longues années, et que l’on retrouve avec plaisir, même si elle n’a pas grand chose à jouer hormis la panique, l’effet de surprise, l’émerveillement devant la nature. A ses côtés, sa fille, Mélanie Griffith, à peine vingt ans, débutante dans une carrière d’actrice qui sera plutôt réussie dans les décennies 80 et 90. En dehors du fait que ce projet connut un tournage infernal étalé sur plus de sept ans et de nombreux obstacles (blessures des comédiens, dépassement de budget, météo capricieuse, production hasardeuse), Roar fit un bide à sa sortie, certainement précédé d’une réputation déplorable et d’un résultat plus qu’approximatif. Reconnaissons que cet ovni ressemble davantage à un film de famille assez vide, où seuls les fauves ont vraiment de la gueule. Et le tout sans le moindre trucage!
ANNEE DE PRODUCTION 1981.



