Deux policiers de Chicago, Eddie Gillette et Joe Collins arrêtent un petit vendeur de drogues qui les met sur un gros coup. Sur Lorado, un malfrat sadique et plusieurs fois meurtrier qui traine avec une certaine Michelle Duvall, très belle femme qui n’est autre que son escort girl…
Initié par le producteur de 48 Heures , Constantine Cone, Sans pitié présente les caractéristiques basiques du polar nerveux de facture classique: à savoir de l’action, des morts violentes, des poursuites, des flics traquant des salopards (ici, un particulièrement gratiné!). Avec évidemment une belle pépée au milieu pour intégrer une romance « obligée » entre elle et le héros central, le policier sans peur et sans reproche et… sans pitié donc! Bon, si le scénario ne vole pas haut mais n’ennuie pas non plus forcément, il y a par contre beaucoup plus à redire sur la réalisation de Richard Pearce, ancien documentariste et scénariste s’improvisant metteur en scène sans en avoir les moyens! Pour les décors, on passe des rues dangereuses et mal famées d’un Chicago sombre aux bayous de Louisiane et ses marécages à perte de vue dans lesquels le couple en fuite (et menotté l’un à l’autre, merci pour la référence à Hitchcock!) lutte pour sauver leur peau. Seule petite originalité du métrage: le thriller dérive insidieusement vers le quasi western dans sa dernière demie heure et rend hommage à certains affrontements de cow boys et d’indiens de l’ancien Hollywood. Autre élément censé relever le niveau général: la sensualité du couple star mise à profit dans des situations à haut risque!
Justement, le polar peut se vanter de nous mettre l’eau à la bouche avec deux des vedettes les plus hot des années 80: Richard Gere, révélé par American Gigolo campe le flic obstiné tandis que la superbe Kim Basinger, sortie récemment de Neuf semaines et demie, joue la carte foncièrement vendeuse du sex symbol doublée de femme fatale. Comme on en dénichait tant dans les films noirs américains de Garnett, Wilder, ou Preminger. Le problème est qu’hormis la réunion de ces deux créatures de rêve, Sans Pitié ne sort jamais de ses rails confortables de gros film d’action un peu bourrin… pas désagréable sur le moment, mais vite oublié ensuite!
ANNEE DE PRODUCTION 1986.



