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L’INSOUTENABLE LEGERETE DE L’ETRE

Tomas, jeune et brillant neurochirurgien, multiplie les conquêtes. Parmi elles, Sabina, une artiste avec qui il cultive une amitié érotique et une complicité intellectuelle. Au hasard d’un déplacement en province, il tombe sous le charme de Tereza, une jeune serveuse qu’il finit par épouser. Marié, il ne met pourtant pas un terme aux relations qu’il entretient avec ses maîtresses et tandis que les chars russes entrent à Prague, Tereza supporte de plus en plus mal les frasques de son époux.

Il semblait compliqué d’adapter à l’écran le foisonnant ouvrage du tchèque Milan Kundera, sorte de roman au récit éclaté entre narration « classique » et digressions philosophiques. Le grand scénariste Jean Claude Carrière s’y attèle en collaboration avec le réalisateur Philip Kaufman et force est de constater qu’il a accouché d’une adaptation aussi fine qu’intelligente, ne trahissant jamais l’esprit de Kundera. Les personnages de L’Insoutenable légèreté de l’être forment un trio amoureux dans ce récit à la fois limpide et sinueux sur la vacuité du genre humain: on nait, on vit, on meurt et ça  passe vite! En pleine tourmente du Printemps de Prague dans lequel les illusions du communisme commencent à s’effondrer comme un château de cartes, un brillant médecin s’étourdit dans des liaisons physiques sans lendemain, épouse une jeune provinciale qu’il trompe allégrement, traverse l’Histoire en témoin impuissant de la russification ensanglantée de Prague. Le script a beau être chronologique et en apparences classique, il n’en délivre pas moins un lyrisme discret qui finit par tout emporter. La photographie admirable de Sven Nykvist (chef opérateur de Bergman et plus tard de Woody Allen) livre un travail exceptionnel, entre images d’archives des vrais chars soviétiques déboulant dans la ville et images fictionnelles, Kaufman captant grâce à un montage habile la complexité des attachements et du désengagement, la force du désir, fait passer les quasi 3h de projection comme une lettre à la poste, quasiment sans temps morts ni longueurs.

En tête d’affiche, Daniel Day Lewis en chirurgien séducteur et sensuel offre une de ses premières grandes performances d’acteur, accompagné par un très joli duo féminin. Tout d’abord Lena Olin, la maitresse volage et fantasque, dans une composition charnelle et très physique. Et surtout Juliette Binoche, épouse femme enfant pleine d’idéaux et de naïveté touchante, impressionne par une photogénie évidente. Ces êtres ont beau s’aimer, faire l’amour, se déchirer, fuir de la Suisse à la Tchécoslovaquie, leur temps est douloureusement compté et va les écraser comme un irrépressible rouleau compresseur. Dans cette fresque ample et émouvante, les corps s’agrippent les uns aux autres contre la fureur du monde, luttant contre un destin inexorable, l’homme (surtout) sachant pertinemment qu’il ne peut survivre seul dans la nature.

ANNEE DE PRODUCTION 1988.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Une indéniable réussite que cette très belle adaptation du roman de Kundera par Philip Kaufman. Photographie admirable de Nykvist et BO bouleversante de Leos Janacek. Day Lewis sidérant face à Juliette Binoche à l'orée d'une carrière internationale.

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