Une ancienne prisonnière, accusée à tort, cherche à prendre sa revanche sur ceux qui l’ont envoyée à l’ombre.
Cette histoire d’une ex taularde condamnée à de la prison ferme pour un délit dont son patron s’est rendu coupable sonne comme les premiers polars noirs de l’ère du parlant en pleine expansion à Hollywood. Paid, directement adapté d’une pièce de Bayard Veiler, lorgne aussi du côté du mélodrame doublé d’un portrait féminin vibrant. Mary Turner, l’héroïne, se livre au chantage au mariage une fois libérée de prison, mais tombe réellement amoureuse du fils de celui qui avait précipité sa chute: un sujet romanesque pour un scénario relativement mince et surtout une réalisation de Sam Wood (à ses débuts) qui ne parvient pas à sortir de l’ornière « théâtrale » du texte d’origine. Toute l’intrigue autour des truands cambrioleurs n’apporte guère de suspense au sujet de base (à savoir la revanche de la belle, victime d’une erreur judiciaire) et le film a beau ne durer qu’1H25 à peine, il traine en longueurs inutilement. En fait, Paid ne semble avoir été pensé et écrit que dans un seul but: offrir à l’une des actrices les plus prometteuses du moment un rôle qu’elle puisse défendre bec et ongles.
C’est Norma Shearer qui devait l’endosser, mais enceinte, a dû renoncer à accepter, ce qui permet à la jeune Joan Crawford de rentrer dans la peau de cette femme amère et résolue à obtenir justice. Pas encore complètement au point au niveau de son jeu, elle commence pourtant à interpréter son personnage comme elle le fera souvent ensuite, en passant de la victime éplorée à la femme forte et intransigeante: l’archétype du style Crawford que l’on verra à l’oeuvre dans ses meilleures prestations (Mildred Pierce, Johnny Guitar, Possédée). Ainsi, peut on voir dans ce Paid une sorte de galop d’essai d’une comédienne au fort tempérament qui sauve -presque- ce film très mineur du naufrage.
ANNEE DE PRODUCTION 1930.



