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SMOKING/NO SMOKING

Dans le petit village d’Hutton Buscel, en plein coeur de l’Angleterre, neuf personnages nous entrainent dans leurs aventures domestiques, professionnelles, amoureuses, tour à tour cocasses ou tragiques…

Après des oeuvres exigeantes et sombres comme L’ amour à mort ou Mélo, Alain Resnais attaque les années 90 avec une volonté marquée d’un cinéma plus ludique, plus commercial, plus enjoué. Ce projet de proposer deux films jumeaux s’inscrit dans son désir de relier théâtre et cinéma, illusion et désillusion, apparences et clairvoyance: Smoking/No Smoking fonctionne sur le principe du « ou bien », c’est à dire que Resnais montre qu’à partir d’un « oui » ou d’un « non » prononcé, l’intrigue prend des directions différentes, trace un sillon opposé, conduit ses protagonistes vers une destinée qu’ils n’attendaient pas. Ainsi, au fil des décisions prises, des petits événements parfois « anodins » du quotidien, les couples se font ou se défont, les êtres évoluent ou font du surplace, les sentiments naissent ou s’épuisent. Resnais relève ce pari osé avec la complicité aux dialogues et au scénario du tandem Agnès Jaoui/Jean Pierre Bacri qui n’ont pas leur pareil pour briller par leur esprit, leur intelligence et leur point de vue souvent percutant. La mise en scène mélange avec bonheur les allers retours, joue avec le temps, alterne les réactions des uns par rapport aux autres, s’amuse avec nous comme dans un jeu de société animé. L’auteur d’Hiroshima mon amour nous parle de déterminisme, de hasard, de choix conscients ou inconscients, dans des décors volontairement artificiels de cottage anglais (mais au fond le film pourrait se passer n’importe où ailleurs), assumant une théâtralité bien connue: entrée et sortie convenue des personnages, éclairages de scènes, minimalisme du huis clos. En même temps drôle et grave, comme la vie au fond, Smoking/No Smoking diffère des autres films de Resnais par son burlesque inattendu, sa manière de jongler avec les mots, tout en questionnant sur le sens de la vie.

Littéralement tenus par seulement deux comédiens jouant ainsi les neufs rôles du film, Smoking/No Smoking s’avère une expérience unique grâce à l’abattage exceptionnel de Pierre Arditi et de Sabine Azéma, binôme familier de l’univers de Resnais. C’est un régal de les voir se glisser dans les peaux de plusieurs caractères, se grimant à loisir, modulant leurs voix, explorant le registre infini de leurs possibilités. Et servant un texte jouissif que Bacri/Jaoui ont adapté d’une pièce de l’anglais Alan Ayckbourne. Ce dyptique, récompensé par 5 Césars majeurs, se veut d’abord une véritable comédie où l’on rit de bon coeur, mais ne nous y trompons pas, Resnais garde une lucidité chevillée au corps puisque chaque situation se termine inexorablement dans le décor d’un cimetière, comme pour nous rappeler que nous ne sommes que de passage ici bas.

ANNEE DE PRODUCTION 1993.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un étonnant double film que l'on peut voir dans n'importe quel ordre et où Resnais s'éclate avec son sens du rythme, de la réalisation, du décor. Pierre Arditi et Sabine Azéma sont juste géniaux. On dit OUI !

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