Après 3 mois de séparation de l’homme qu’il a aimé, Benji ne s’en sort pas. Il boit, il abuse de Grindr, fantasme sur des mecs inaccessibles. Tout ça pour oublier cet ex qui le rendait fou. Pourtant, comme lui rabâche sa maman, il va falloir qu’il avance et se rende compte que cet être qu’il a idéalisé avait certainement des côtés très néfastes qu’il refusait de voir…
Venue d’Angleterre, cette comédie dramatique signée à quatre mains (Neil Ely et Lloyd Eyre Morgan) se distingue des récents films abordant l’homosexualité masculine par un mélange de tons plutôt intriguant au départ. Sur le sujet de la rupture amoureuse très mal digérée, les deux réalisateurs tentent de mettre du neuf dans ce thème rebattu et y inclut d’emblée des idées de mise en scène assez rigolotes, des inserts dans l’image pour souligner les sentiments ou émotions de Benji, leur héros principal, gay assumé et totalement raide dingue d’un homme se disant bisexuel et très imbu de lui même. Une façon originale de traiter du chagrin d’amour qui séduit dans un premier temps: l’humour anglais pointe les sites de rencontres, le sexe facile, les hétéros dans le placard, sans oublier de montrer le profond besoin d’attention et de tendresse de Benji. Puis, le film change de cap et devient plus amer, scrutant cette relation toxique que nous revivons par le biais d’allers et retours dans le passé, comme des images incessantes du bonheur illusoire que Benji vivait dans sa tête. Les réalisateurs semblent un peu dépassés par leur scénario et multiplie les redondances, rendant le rythme bancal et déséquilibré. Les séquences de l’adolescence n’apportent pas grand chose à l’ensemble, si ce n’est une impression de remplissage.
Quant aux acteurs, ils se donnent du mal pour exister dans leurs personnages respectifs: un des auteurs, Lloyd Eyre Morgan joue le rôle central, sûrement très inspiré de sa propre histoire sentimentale et ne convainc pas toujours dans son jeu limité. Celui qui hérite du rôle de Jake, le beau salaud sexy à souhait mais verouillé de l’intérieur, s’appelle David Tag et s’en tire mieux. Embarquement immédiat épingle cette relation toxique avec des maladresses, parfois du coeur et un regard sensible sur la solitude d’un homme victime de son romantisme et de ses trop grands espoirs. C’est toujours mieux qu’une romance cucul et sans aspérités, mais le tout reste relativement anodin.
ANNEE DE PRODUCTION 2026.



