AccueilCritiquesDrameLES LARMES AMERES DE PETRA VON KANT

LES LARMES AMERES DE PETRA VON KANT

Célèbre créatrice de mode, Petra Von Kant habite un luxueux appartement berlinois, en compagnie de son assistante dévouée et docile, Marlène. Un jour, une amie lui présente Karin, une jolie jeune fille, rêvant de devenir mannequin. Petra tombe immédiatement sous le charme et lui propose de vivre avec elle très vite. Petra, possessive et jalouse, instaure un rapport de domination qui ne va pas tarder à peser sur sa nouvelle « protégée »…

En peintre impitoyable de l’âme humaine, le réalisateur allemand Rainer Fassbinder livre avec Petra Von Kant une de ses oeuvres les plus fortes et les plus abouties. D’après une pièce de théâtre, ce film volontairement construit comme du « théâtre filmé » sophistiqué et affiché se déroule deux heures durant dans un lieu unique (le décor d’un appartement cossu, où se va se nouer les tensions dramatiques), nous indiquant très vite que l’atmosphère va être pesante, malsaine, irrespirable même. Les sujets traités? La débâcle amoureuse après la dépendance dans une relation homosexuelle féminine aux accents carrément toxiques, la possession et l’emprise, la jalousie maladive. Et en filigrane, un des thèmes favoris de Fassbinder: la domination des êtres les uns sur les autres, les forts et les faibles, les « gagnants » et les perdants. Le cinéaste de Querelle explore les sentiments paroxystiques comme autant de tempêtes à venir, de cris à étouffer, de pleurs à verser. Il sait envelopper ses personnages d’une douceur bien à lui, alors même qu’elles vivent des relations cruelles et profondément sadomasochistes. La profusion de dialogues pourrait rebuter ou agacer, mais Fassbinder inclut de l’humour, de l’ironie, deux ou trois chansons en guise de contrepoint. Ce huis clos sentimental où la souffrance prend toute la place et sa dimension tragique est un écrin en or pour les actrices.

Uniquement joué par des femmes, comme le fut le classique américain Women de Cukor, Les Larmes Amères de Petra Von Kant déroule le tapis rouge à Margit Carstensen, dévorant chaque image par son incarnation d’une folle intensité. Mais aussi à Hanna Schygulla, ambigüe à souhait entre charme ravageur et arrivisme discret, et Irm Hermann en « servante » silencieuse rongée par la jalousie et subissant tout jusqu’au bout du bout. Les cadrages très beaux des comédiennes sont signés Michael Ballhaus avant sa collaboration étroite avec Scorsese et ajoutent une touche de kitsch dans un univers très « camp » (l’artifice ici totalement assumé). Cette romance saphique en dit long sur les rapports humains et leurs dérives, et combien les névroses peuvent irrémédiablement altérer le sentiment amoureux.

ANNEE DE PRODUCTION 1974.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Du grand cinéma allemand grâce à la virtuosité de Fassbinder, jamais meilleur que dans le mélodrame féminin ultime. Actrices sublimes, surtout Margit Carstensen. A ne pas manquer.

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Latest articles

Du grand cinéma allemand grâce à la virtuosité de Fassbinder, jamais meilleur que dans le mélodrame féminin ultime. Actrices sublimes, surtout Margit Carstensen. A ne pas manquer. LES LARMES AMERES DE PETRA VON KANT