Fleur et Julian tombent follement amoureuses et décident de se marier dans chaque pays où leur union peut être légalement reconnue. Portées par leur amour et leur engagement, elles s’élancent cœur et âme dans ce projet. Mais après seulement quatre mariages, leur parcours va s’interrompre brusquement…
Au premier abord, Julian se présente comme un film d’amour au féminin, adapté du récit émouvant de Fleur Pierets sur la puissance de sa relation avec sa compagne, Julian. L’idée que les deux femmes ont nourri pour célébrer leur union fut de se marier dans chaque pays où il était possible de le faire (22 sont ainsi recensés et contactés pour leur permettre d’accéder à ce projet fou). D’un romantisme échevelé, ce premier long métrage belge de Cato Kusters utilise les flash backs, la vidéo, les archives pour nous conter ce périple amoureux qui va hélas virer au drame. Et ce point de rupture brutal nous embarque alors sur un tout autre film traitant de la maladie, du combat, de la mort, de l’absence. Des thèmes bien sûr forts mais qui viennent un peu brouiller les attentes initiales, d’autant que la réalisatrice semble moins à l’aise pour filmer le tragique. La charge lacrymale prend alors plus de place que prévu et handicape son projet à un mélodrame, certes touchant, qui nous en rappelle plein d’autres. Dans son ultime partie, Julian évoque la mémoire de ceux qui survivent à une perte immense, la place que l’on accorde à nos chers disparus et dans ce sens, le film gagne en intensité. Produit par les Frères Dardenne, cette oeuvre engagée sur la cause LGBTQI sait mieux capter les sentiments amoureux par les regards, les silences, les frôlements de peau que l’inexorable destin frappant cruellement ces deux héroïnes.
Laurence Roothooft, actrice belge inconnue sur notre sol, incarne le rôle titre, celle par qui toutes les émotions se cristallisent. Nina Meurisse, bouleversante dans L’Histoire de Souleymane, accomplit un très beau travail nuancé et puissant, à mi chemin entre état de bonheur maximal et vidée de sa raison de vivre par le deuil à affronter. Julian saisit finement la fragilité de l’existence, le pouvoir des liens du coeur, le souvenir tenace que nous laisse l’amour de notre vie et comment il nous transforme en profondeur. En dépit de sa propension à nous arracher des larmes un peu trop facilement, ce premier travail de cinéaste suscite tout de même un avis favorable.
ANNEE DE PRODUCTION 2026.



