Dans un camp d’été, la rumeur d’une peste se propage au sein d’un groupe de jeunes adolescents. Quand Ben refuse d’y croire, les frontières de la réalité se brouillent et un jeu impitoyable se déclenche entre les garçons…
Directement venu d’un cinéma indépendant américain que l’on croyait moribond, The Plague constitue le premier travail de réalisateur d’un certain Charlie Polinger et impressionne par sa maitrise et son audace. Sur le thème du harcèlement scolaire et ses conséquences, le film démarre relativement paisiblement avec la description d’un camp de water polo dans lequel un groupe de jeunes adolescents de 13 ans environ passent une partie de leurs vacances d’été. Mais au bout de quinze minutes, le scénario se met vraiment en marche en montrant les mécanismes insidieux de la rumeur, puis de la contagion des fausses informations venant « contaminer » les esprits encore très influençables de garçonnets sortis depuis peu de l’enfance. Polinger semble savoir de quoi il parle exactement et ce vécu se ressent dans les séquences les plus « dures ». La cruauté, les moqueries, le rabaissement continuel deviennent le lot quotidien, relatés dans une mise en scène sans concessions, ne craignant pas de dénoncer la violence sourde d’actes à priori « anodins ». Polinger a également fourni un travail accru sur le son, accentuant l’ambiance malaisante de ce quasi huis clos suffocant. Sur la durée, peut être peut on juger que certains ressorts narratifs se répètent et « affaiblissent » un poil l’ensemble, mais franchement pour des débuts de cinéaste, la qualité l’emporte haut la main!
Les jeunes acteurs principaux, tous saisissants de vérité, en particulier Everett Blunck, ont la lourde responsabilité d’un casting masculin dans lequel on retrouve Joel Edgerton (Zero Dark Thirty, Boy Erased, Animal Kingdom) incarnant l’entraineur de polo tentant de remettre de l’ordre dans le groupe chaotique d’adolescents. Là où Polinger restitue avec justesse les répercussions mentales du harcèlement, c’est dans les regards blessés et le sentiment d’abandon total du jeune héros, luttant pourtant pour ne pas se victimiser à tout prix. On attend d’autant plus impatiemment son second opus pour voir s’il confirmera toutes les belles promesses de ce The Plague.
ANNEE DE PRODUCTION 2026.



