LA FEMME DE

Marianne, femme d’un riche industriel, enviée et admirée, épouse modèle et mère de famille dévouée. Elle va avoir 40 ans et le confort de la vaste demeure familiale a lentement refermé sur elle son piège impitoyable. Prisonnière d’un inextricable réseau d’obligations sociales, familiales et conjugales, complice de son propre effacement, elle a, sans même s’en apercevoir, renoncé à elle-même. Alors, quand resurgit l’ombre de son passé, une brèche s’ouvre. Une autre vie serait-elle possible ? Et à quel prix ?

Il s’agit du second fait d’armes du réalisateur français David Roux après L’Ordre des Médecins sorti en 2019. Cette fois, il adapte un roman d’Hélène Lenoir et trace les contours d’un drame psychologique doublé d’un portrait féminin dans l’air du temps. La description au scalpel de la bourgeoisie provinciale et de ses obligations écrasantes renvoie au cinéma de Claude Chabrol, le mystère et les meurtres en moins. Ce qui tue ici, c’est le silence et l’invisibilité dans lesquelles l’héroïne est condamnée, une agonie au quotidien pour cette épouse subissant le patriarcat infernal d’une famille obsédée par l’argent, les apparences, les convenances, etc… Le réalisateur utilise une mise en scène feutrée, avançant à petits pas et gagnant notre intérêt au fil d’une intrigue presque trop ténue qui dévoile ses pions avec parcimonie. La caméra nous enferme dans cette demeure étouffante où l’on sent que quelque chose va immanquablement craquer: et ce qui se trame, c’est l’émancipation d’une femme qui n’en peut plus de ne jamais exister pour elle même. Le script introduit, par un « événement » extérieur, le début d’une faille qui ne pourra que grandir et entrainer des changements radicaux.

La femme de doit beaucoup à l’interprétation une nouvelle fois très convaincante de Mélanie Thierry, s’ouvrant peu à peu à un possible retour à la vie, par son jeu étudié qui ne sent jamais la performance. Face à elle, Jérôme Deschamps en odieux patriarche hypocondriaque, Arnaud Valois (120 Battements par minute) en frère amoureux, et Jérémie Rénier en photographe revenu du passé apportent chacun à leur façon quelque chose de tangible à cette histoire. Une mention particulière doit être décernée au trop rare Eric Caravaca, très en place dans le rôle du mari froid, calculateur et satisfait de son statut de bourgeois « intouchable ». On peut, sans trop se tromper, affirmer que Chabrol n’aurait en effet pas désavoué ce regard au vitriol.

ANNEE DE PRODUCTION 2026.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Deuxième film de David Roux marchant avec talent sur les plates bandes de Chabrol. Un style feutré et un regard acide sur la bourgeoisie. Mélanie Thierry est formidable, ainsi qu' Eric Caravaca. A voir sans hésiter.

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