THERESE

Thérèse Martin entre au Carmel de Lisieux avec ses trois soeurs à la fin du dix-neuvième siècle. Elle est gaie, ouverte, idéaliste. Les réalités du couvent, son désir de perfection, la mort de son père, les privations et le manque de soins altèrent sa santé. Elle lutte à la fois contre la souffrance physique et l’épreuve de la foi. Elle meurt de tuberculose à vingt-quatre ans en laissant un cahier où elle raconte sa “petite vie”. Il est traduit dans le monde entier. Sa tombe devient un lieu de pèlerinage.

Particulièrement compliqué de faire un film sur la foi sans tomber dans le pesant écueil de la représentation religieuse et au cinéma, cela peut vite devenir des oeuvres ennuyeuses et très austères. Alain Cavalier a relevé ce défi en proposant une relecture de la vie de Sainte Thérése de Lisieux, morte en 1897, canonisée en 1922 et qui passa sa vie dans un couvent, tenaillée et même habitée par l’Amour du Christ. Thérése ne se veut jamais hagiographique et Cavalier évite justement de faire un biopic simpliste et sans âme: au contraire, il dépouille au maximum son style et tel qu’aurait pu le faire Bresson, il pose sa caméra et observe le quotidien des carmélites qui entourent Thérèse, formant un groupe de soeurs unies dans une identique dévotion. Les images sont donc épurées, les décors minimalistes et le sujet se situe réellement à l’intérieur des êtres. C’est à dire que Cavalier montre la foi enveloppant toute la personne de cette jeune fille que l’on a dit exaltée, mais qui était surtout dans l’abandon total de soi. Le cinéaste saisit le réel de façon stupéfiante, ajoute de la sensualité dans les mouvements, ne donne jamais la sensation que la vie monacale n’est que tristesse, silence, ou sacrifice. Il y a même des séquences légères et presque « drôles ».

Cavalier a déniché sa jeune héroïne au Conservatoire: une actrice débutante nommée Catherine Mouchet, pile poil idéale pour le rôle, son regard, sa démarche, sa gestuelle traduisent entièrement sa faculté à incarner Thérèse. Jusque dans les derniers instants où la mort par tuberculose va l’emporter, elle conserve un intact sourire déroutant, comme un défi à la souffrance et à la déchéance. Pourtant à priori peu commercial, le film a connu un succès public inattendu, et pas seulement auprès des catholiques convaincus. Alain Cavalier a transcendé la simple représentation pour nous permettre de « ressentir » la jeune sainte. Prix du Jury à Cannes et une bardée de Césars à l’arrivée (film, scénario, réalisateur et espoir  féminin pour Catherine Mouchet).

ANNEE DE PRODUCTION 1986.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Loin d'un biopic faiblard, Alain Cavalier stylise l'image de Sainte Thérése de Lisieux et la filme dans son for intérieur. Catherine Mouchet semblait née pour ce rôle. Un film rare.

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