A la mort de son père, Charlie Babbitt, homme d’affaires pressé, hérite d’une vieille Buick qu’il convoitait depuis longtemps, mais se voit spolié de quelques trois millions de dollars versé à une institution psychiatrique pour le compte d’un certain Raymond… Babbitt, un homme autiste qui se trouve être son frère ainé…
A sa sortie en 1988, Rain Man a récolté non seulement des critiques positives, un accueil très chaleureux du public et obtenu une moisson de prix internationaux. Pourtant, ce n’était pas gagné au départ de captiver les spectateurs avec ce road movie à deux personnages, deux frères désunis pendant plus de vingt ans et se retrouvant suite à la mort de leur père. Avec l’autisme de l’un d’eux comme sujet central du scénario! Barry Levinson, réalisateur de Good Morning Vietnam et plus tard de Bugsy, s’empare du film et lui assure une mise en scène correcte, sans être transcendante pour autant. Il met en opposition deux hommes du même sang (l’un est un golden boy ambitieux et froid, quasi incapable de montrer ses émotions, l’autre un être souffrant d’autisme et vivant dans son monde, jamais sorti ou presque de son institution spécialisée). Les voici lancés en voiture à travers les Etats Unis, manière qu’ls apprennent à se connaitre, s’apprivoiser, même si rattraper tant de temps perdu entre eux relève de l’impossible. Levinson fait tout pour éviter un trop plein de sentimentalisme et son récit s’organise autour de séquences finalement plus portées sur l’humour, sur le décalage entre la réalité et le point de vue de Raymond, obsédé par les chiffres, les horaires, enfermé dans ses habitudes et qu’un rien peut totalement paniquer. Bercé par une BO sympatoche (Iko Iko qui ouvre le film fut un tube mondial, Scaterlings of Africa de Johnny Clegg), Rain Man joue la carte de la tendresse discrète en développant progressivement un vrai rapport fraternel entre Charlie et Raymond, en faisant évoluer le cynisme et la cupidité du départ vers un vrai lien émouvant.
Ne nous leurrons pas, le film n’aurait pas la même intensité sans la performance hallucinante de Dustin Hoffman, drôle, touchante, juste et qui a véritablement changer le regard que l’on portait sur l’autisme jusque là. Il y gagna un Oscar amplement mérité. Il ne faut cependant pas omettre de souligner aussi le jeu plus « introverti » de Tom Cruise, se faisant plus humain au fur et à mesure, dans ce qui reste l’un de ses rôles les plus marquants de son début de carrière. La charmante Valéria Golino apporte la caution féminine non négligeable de l’ensemble. Rain Man fut lauréat de quatre Oscars majeurs (film, réalisation, scénario, et donc acteur): avec le recul, on est tout de même en droit de trouver ce palmarès excessif.
ANNEE DE PROUCTION 1988.



