Michel et Cathy, un couple usé par le temps et les difficultés financières, ne se parlent plus vraiment. Jusqu’au jour où Michel, pour éviter un ours sur la route, heurte une voiture et tue les deux occupants….
Après les comédies potaches, vite fait bien fait, souvent pas très drôles, l’humoriste acteur et réalisateur Franck Dubosc change enfin de cap vers la comédie… noire tendance absurde! Un Ours dans le Jura suit la veine des Frères Cohen (rien que ça!) avec un scénario multipliant les trucs les plus énormes, empilant les rebondissements les plus « gros » pour atteindre un niveau de loufoquerie casse gueule: ca pourrait devenir du grand n’importe quoi et finalement, dès lors que l’on accepte la surenchère comme moteur principal de l’intrigue, ça fonctionne plutôt correctement! Bien sûr dans un panel de dialogues bien sentis, quelques blagues tombent à plat ou n’ont pas l’effet recherché, mais en globalité, Dubosc et sa co scénariste Sarah Kaminsky trouvent un bon équilibre entre humour noir, thriller et histoire de truands avides de règlements de comptes! Le film roule sur des rails relativement efficaces soutenu par un rythme satisfaisant jusqu’à une ultime demie heure sans doute un brin expéditive. Au passage, le film évoque la sexualité des cinquantenaires, les migrants en situation précaire, se moque gentiment de la gendarmerie et se permet de sortir des sentiers battus, bien trop balisés de la comédie française.
Le casting est une autre raison de se réjouir: Dubosc joue presque en retrait, sobre dans son jeu comme pour faire profil bas et laisser toute la latitude à ses partenaires que sont Laure Calamy, une fois encore désopilante en épouse fatiguée complice jusqu’au bout et Benoit Poelvoorde en gendarme neuneu et capable de ne pas cabotiner. Quant aux rôles secondaires, on retiendra en priorité les femmes par l’entremise de Joséphine de Meaux, Anne le Ny et une savoureuse Emmanuelle Devos en tenancière de club échangiste. Le menu est donc atypique: des cadavres, des rires, de l’oseille, de la came et un ours égaré (alors que dans le Jura, normalement il n’y en a pas!). Dubosc a tout de même remporté le César du meilleur scénario, à la surprise générale, ce qui va lui ouvrir la voie à des productions plus ambitieuses, surtout moins « beauf », à l’image de ce troisième long métrage tout à fait respectable.
ANNEE DE PRODUCTION 2025.



