Dans les années 80 et 90, en Angleterre, John Davidson, adolescent puis adulte, tente de mener une vie à peu près normale, malgré une maladie rare qui l’affecte: le Syndrome de la Tourette. Souffrant de tics nerveux, d’agitation quasi permanente et clamant des grossièretés de façon involontaire, ce mal lui joue des tours et cause malentendus, quiproquos, incompréhension de la part des inconnus. Il parvient quand même à décrocher un travail pour se « stabiliser » un peu…
Le cinéma anglais ne se borne pas aux oeuvres poignantes de Ken Loach ou à celles, chorales et souvent profondément humaines d’un Mike Leigh. Parfois, il relate des faits réels, comme le bouleversant Magdelene Sisters ou Philomena. Plus fort que moi raconte la vie hors normes d’un jeune homme atteint d’une maladie encore mal connue, celui du Syndrome de la Tourette, un dysfonctionnement cérébral qui provoque des réactions nerveuses inattendues et surtout un flot d’insanités sortant de la bouche de ceux qui en souffrent. Le britannique Kirk Jones, scénariste et cinéaste, prend donc ce sujet délicat comme pitch de son sixième long métrage et décide d’en faire une comédie dramatique. Parlant frontalement de la maladie, quitte à devenir un peu didactique, Jones s’attache à son jeune héros, ses difficultés quotidiennes, place le film de son point de vue et malgré le douloureux rejet qu’il subit, il se bat pour sa dignité, pour avoir une vie relativement comparable aux autres. Ce drame social ne se départit pas de séquences à l’humour bienvenu, évitant de sombrer dans un mélo facile. Jones montre un corps en proie à un mal incontrôlable, un garçon luttant pour ne froisser personne (et ses proches l’aiment assez pour lui demander de cesser de s’excuser de son état.) Plus fort que moi ne tombe ainsi jamais dans la mièvrerie et cet exploit narratif est clairement à mettre au crédit de Kirk Jones.
Véritable mur porteur, le comédien Robert Aramayo, jusqu’ici inconnu chez nous, incarne ce rôle où il est compliqué d’être nuancé et pourtant, il y parvient par une sorte de jeu à la fois instinctif et étudié. Il a remporté un Bafta du meilleur acteur, face à des pointures internationales du calibre de Di Caprio et Chalamet. L’ultime partie décrit la reconversion du personnage vers ce qui le sauve d’une certaine manière: devenir porte parole des malades atteints de la Tourette et là, quelques facilités de script ainsi que de légères longueurs handicapent un peu le déroulement du film. Mais, l’empathie et la bonne distance que conserve sans cesse Kirk Jones fait de Plus Fort que moi un plaidoyer émouvant pour la différence et rappelle la bonne santé du cinéma british.
ANNEE DE PRODUCTION 2026.



