Grace et Jackson viennent de se marier et s’installent dans une région reculée du Montana. Grace accouche bientôt de leur premier enfant, un garçon. Mais la jeune femme commence très vite à montrer des signes d’instabilité mentale prononcées. Jackson est impuissant à l’aider et elle part pied de plus en plus…
Réalisatrice britannique à qui l’on doit Ratcatcher et surtout le très malaisant We Need to talk about Kevin , Lynne Ramsay avait fait son retour l’an passé à Cannes avec ce drame puissant sans être parvenu à séduire les membres du jury. Il faut dire qu’une nouvelle fois, elle fait preuve d’une radicalité bien à elle en traitant sans détours un sujet déplaisant: la dépression post partum. Die My Love débute avec fracas, montrant en quelques plans un couple en pleine extase, sexuelle et amoureuse, avant que très vite le déséquilibre mental de l’héroïne nous apparaisse évident et ne nous entraine dans les méandres de la maladie psychique. Ramsay ne fait pas dans la dentelle et esthétise un maximum la violence inhérente aux crises de Grace, à ses sautes d’humeur, à son « incompatibilité » avec le réel environnant. Là une forêt prise dans des flammes déchainées, ici un corps qui se jette contre une baie vitrée, des ongles qui griffent nerveusement le papier peint, etc… autant de signes que quelque chose déraille complètement et ne va pas aller vers le mieux! Le scénario tourne un peu en rond, car une fois installé dans la tête tourmentée de la jeune femme, la caméra ne regarde quasiment pas ailleurs, nous prenant presque en otage et nous forçant à regarder. La réalisation, énergique et obscène à la fois, s’avère un des atouts du film, ne palliant toutefois pas aux nombreuses longueurs qui émaillent ce « parcours du combattant ».
Du côté de l’interprétation, Robert Pattinson reste largement en retrait (même si c’est aussi le but du récit), pas formidable. Par contre, carton plein pour Jennifer Lawrence, sur qui tout le film repose, et qui livre une prestation dérangeante de réalisme. L’actrice de Mother trouve le moyen de jouer la dépression, entre fureur, culpabilité, abandon total de soi et elle est sidérante. Quel bonheur de retrouver Sissy Spacek, alias Carrie, et Nick Nolte , deux vétérans d’Hollywood dans des rôles périphériques consistants. Lynne Ramsay propose toujours un cinéma inconfortable, ici sans doute trop surligné dans ses intentions, et l’expérience éprouvante de Die My Love consiste à nous faire ressentir de l’intérieur les désordres psychiques. Pas une promenade de santé donc!
ANNEE DE PRODUCTION 2026.



