Shanny, une jeune veuve, recherche les assassins de son mari, en mission pour l’OTAN. Elle reprend l’enquête que son époux avait menée avant sa mort.
Après une réjouissante évocation de l’Affaire Landru et un drame en temps d’Occupation Allemande (La Ligne de Démarcation) , Claude Chabrol souhaitait encore changer de genre et se lança dans une bande d’espionnage (à sa façon) avec La Route de Corinthe. Irrémédiablement plombé par un scénario sans queue ni tête, le film cherche vainement à trouver son rythme de croisière, alourdi par des dialogues impossibles, des séquences incohérentes et beaucoup beaucoup de…. vide! Fort étonnant de la part de Chabrol qui semble ici se foutre de sa mise en scène, tentant d’insérer par ci par là des notes de comédie (sans doute pour éviter l’ennui total) et surtout pour masquer son inaptitude à gérer ce type de production d’action « à l’américaine ». Cet argument de boites noires brouillant les radars recherchés par les truands ne tient jamais la route (de Corinthe) et l’on se fiche de ce qu’il advient aux personnages, tous creux! L’auteur du Boucher a tourné en Grèce, ce qui nous vaut quelques jolis plans des paysages et une ballade touristique ensoleillée, mais c’est bien la seule qualité d’un ensemble calamiteux!
Quant aux acteurs, les pauvres, ils ne sont pas à la fête non plus! Michel Bouquet campe un barbouze goguenard lourdaud qui aurait pu être un savoureux protagoniste si le script avait été davantage centré sur lui. Maurice Ronet cachetonne en ayant pratiquement rien à jouer de consistant. Enfin, la très belle Jean Seberg, que Chabrol a déjà dirigé l’année précédente dans La Ligne de Démarcation, « subit » les assauts et la drague pénible de tous les hommes croisant son chemin et se trouve dans des situations humiliantes à peu près tout le temps! Il faut avoir une sacrée volonté d’actrice pour accepter des rôles aussi futiles! (et accessoirement payer ses impôts!). Chabrol avait déjà testé le genre parodie d’espionnage avec Marie Chantal et Dr Kha avec autrement plus de maitrise, et avait d’ailleurs lui même honte de cette Route de Corinthe qu’il considérait à juste titre comme son plus mauvais film!
ANNEE DE PRODUCTION 1967.



