Annie mène avec son mari Philippe une vie conjugale paisible. Trop peut être! Dans un article de presse, elle voit que la femme moderne se doit d’être érotique et elle réalise que son mari la délaisse. Philippe est surtout préoccupé par un polyvalent venu contrôler les comptes de son entreprise. Annie va tout mettre en oeuvre pour devenir l’épouse sexy tant vantée par les publicités…
Auteur de plusieurs courts métrages dont le remarqué Misanthrope, Gérard Pirés démarre sa carrière au format long avec Erotissimo, une comédie « originale », du moins à sa sortie, car elle tranchait avec le tout venant de la production française. Cette satire de la publicité prenait pour influence directe la bande dessinée américaine et le style pychédélique du cinéma de Richard Lester, connu pour ses films avec les Beatles (Quatre garçons dans le vent ou Help!). Pirés saisit l’air de son temps en fustigeant (sans trop de férocité) la mode, les magazines féminins, la société de consommation de manière générale. Le problème est que le tout reste très daté et fixé sur 1969, année érotique comme l’avait écrit Gainsbourg. On peut aujourd’hui reconnaitre la vivacité du montage, le dynamisme de certaines séquences, l’irruption de slogans publicitaires parasitant le récit, tout ça de façon ludique! Mais que le scénario est décousu et foutraque et l’ensemble finalement médiocre pour ce qu’il a à raconter! Dès lors que Pirés se concentre sur les soucis conjugaux du couple vedette, Erotissimo retombe dans la banalité la plus crasse.
Jean Yanne fait comme d’habitude son bougon désagréable, servi par des dialogues vulgaires et peu drôles face à Francis Blanche, amusant en contrôleur des impôts envahissant. Heureusement, il y a l’exquise Annie Girardot dont le potentiel comique était pour la première fois mis à profit avant qu’Audiard ne lui propose la série des Elle boit pas, elle fume pas, etc… Coquine, joueuse, extravagante, sexy, et pas conne, elle assure le divertissement et sauve le film d’un ennui total. La longue liste des petits rôles compte aussi pour notre plaisir (Daniel Prevost, Nicole Croisille, Jacques Higelin, Rufus, et même Serge Gainsbourg!). La chanson que Girardot interprète , La Femme aux Faux Cils, fut composée par Michel Polnareff. Le prétexte sociologique que Pirés a pris pour signer sa comédie apparait maintenant très superficiel.
ANNEE DE PRODUCTION 1969.



