Zurich, 1958. Ernst et Röbi se rencontrent par l’intermédiaire du Cercle, une organisation suisse clandestine, pionnière de l’émancipation homosexuelle. Alors que les deux hommes luttent pour leur amour, ils vivent l’apogée et le déclin du Club, éditeur d’une revue homosexuelle trilingue, la seule alors autorisée dans le monde.
D’origine suisse, le réalisateur et scénariste Stephan Haupt surprend avec ce long métrage « curieux » car mêlant à la fois la reconstitution fictionnelle et les témoignages de survivants d’une époque passée (entre 1958 et 1968) racontant la liberté sexuelle et l’oppression des homosexuels à Zurich. En prenant un couple d’hommes au centre de son récit, Ernst et Robi, des personnages authentiques tombant amoureux durant leur jeunesse et vivant leur relation dans le secret jusque dans les années 2000 et leur mariage: ils seront d’ailleurs le tout premier couple gay à s’unir en Suisse. Haupt relate les meurtres homophobes, la nécessité de lutter pour vivre sa différence, la violence et les humiliations subies par la police. Dans un premier temps, on a du mal à rentrer dans le film car le « mix » entre fiction et réalité déconcerte et ce procédé de « semi documentaire » sur le militantisme homosexuel se heurte quelque peu à des maladresses de style et d’une réalisation un peu fade. Pourtant, Le Cercle fait preuve de didactisme et se pose en oeuvre d’utilité publique pour les générations actuelles afin de mettre en garde contre la montée des extrêmes et d’une résurgence de l’homophobie ordinaire. En se laissant porter, il devient plus agréable de suivre cette histoire vraie émouvante, faisant le pont entre le passé et le présent.
Les deux acteurs allemands Matthias Hungerbulher et Sven Schelker composent un tandem attachant auquel on croit et pour lequel on prend fait et cause. Dans le petit rôle de la mère de Robi, on retrouve l’actrice Marianne Sagebrecht qui avait explosé en 1987 dans le méga succès surprise Bagdad Café. On peut regretter cependant que Haupt montre si peu l’élaboration progressive de la revue gay donnant son titre au film, Le Cercle, faisant l’impasse sur le journalisme courageux d’une époque où il fallait fédérer les communautés contre les discriminations et la répression, privilégiant l’histoire d’amour -au demeurant touchante- de ses deux protagonistes. A considérer tout de même pour son sujet nécessaire.
ANNEE DE PRODUCTION 2015.



