BELLISSIMA

À Cinecittà, dans l’Italie d’après-guerre, le réalisateur Alessandro Blasetti lance un casting pour trouver l’enfant de son prochain film. Maddalena y voit l’occasion pour sa fille Maria de vivre une vie meilleure. Elle sacrifie alors son mariage et ses économies pour lui offrir les leçons qui feront d’elle une star. Arrive enfin le grand jour des essais…

Dans la lignée du néoréalisme totalement porté à son incandescence par Roberto Rossellini, Bellissima se présente comme le troisième long métrage de Luchino Visconti et plonge dans l’aveuglement des déshérités en Italie, de ceux qui veulent tourner la page du fascisme et aspirer à un avenir meilleur. Quitte à se réfugier dans l’imaginaire et l’illusion de réussite que représente le monde du cinéma et en particulier les studios Cinécitta à Rome. Soit une héroïne au fort tempérament, une mère « étouffante » qui croit dur comme fer que sa fillette de sept ans peut devenir une star et ainsi réaliser ses propres rêves frustrés. Elle se heurte à la cruauté, au mépris, à la méchanceté d’un milieu de nantis qui va provoquer sa rage lors de la projection du bout d’essai « raté » de sa gamine et précipiter ses espoirs vers le néant absolu. Visconti trace un mélodrame aussi simple que tranchant sur une femme du peuple pensant à tort sortir de sa condition: le récit traite finalement en filigrane de la nation italienne et de son désir de renouveau après les années Mussolini.

Dans le rôle central autour duquel tout gravite, la fabuleuse Anna Magnani éclipse tous ses partenaires par la puissance non feinte de son jeu habité. L’actrice de Rome Ville Ouverte incarnait ses rôles comme si sa vie en dépendait et elle donne ici littéralement corps à cette maman rouée, déchainée, pathétique, tragique jusqu’au bout. La sublime séquence dans laquelle elle se pose sur un banc, anéantie par le chagrin et la colère, tout en consolant sa petite fille fait partie des images que l’on ne peut oublier une fois vue. Ses larmes nous transpercent le coeur pour toujours. Bien sûr, Visconti a marqué le 7e Art avec des titres plus prestigieux comme Rocco et ses frères, Senso ou Mort à Venise, mais Bellissima compte quand même parmi ses pièces maitresses.

ANNEE DE PRODUCTION 1951.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un Visconti encore trop méconnu. Mélodrame touchant sur une mère excessive et pleine d'illusions pour sa fille. Anna Magnani l'incarne comme personne avec une force inimaginable.

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