L’ETRANGERE

Selma fuit la Syrie en laissant derrière elle un fils de 6 ans et un mari disparu dans les geôles du régime. Arrivée à Bordeaux après un périple dangereux, elle enchaîne les heures de travail au noir, alors qu’un nouveau combat commence pour obtenir le droit d’asile et faire venir son fils Rami. Selma fait bientôt la connaissance d’un avocat, Jérôme. Leur histoire d’amour va tout remettre en question…

Après un premier film pas franchement enthousiasmant, Mon Tissu Préféré, la réalisatrice et scénariste Gaya Jiji reprend sa caméra et livre un second opus plus satisfaisant. L’Etrangère plante son décor dans la ville de Bordeaux dans laquelle une jeune femme syrienne trouve « refuge » après avoir fui les horreurs du régime de Bachar El Assad. Le récit de cette reconstruction passe par la demande du droit d’asile et le parcours administratif qu’elle doit endurer pour pouvoir rester sur le sol français. Gaya Jiji dresse un beau portrait de femme résiliente, encore traumatisée par son passé, séparée de son fils et ignorant même si son mari est encore en vie ou non. En écho à L’Histoire de Souleymane sorti il y a deux ans, le film traite de nouveau de la question des migrants, de leur exil forcé dans un pays pour lequel ils n’ont pas les codes et de la lutte pour se refaire une vie plus paisible et débarrassée de toute menace. Si du côté de la réalisation, Gaya Jiji semble encore trop timide et se retient presque dans ses intentions, on peut lui concéder qu’elle sert ainsi la sobriété du traitement, qu’elle tient éloigné du misérabilisme gratuit. Quant à la romance qui nait entre son héroïne et l’avocat altruiste dont elle croise la route, elle ‘ »adoucit » clairement la noirceur du propos.

On retrouve l’actrice iranienne Zar Amir, découverte en 2022 dans le terrible Les Nuits de Mashaad, dont l’interprétation très convaincante apporte beaucoup d’émotion. Face à elle, Alexis Manenti (Bac Nord, Le Ravissement), de mieux en mieux au fil des rôles, au jeu tranquillement nuancé. Enfin, l’acteur égyptien Amr Waked, vu récemment dans Les Aigles de la République, parvient à exister dans la toute dernière partie en mari libéré et devant vivre avec les lourds secrets de sa détention. L’Etrangère séduit par la justesse de son regard, la pudeur de ses sentiments filmés avec retenue et permet de replacer des espoirs dans l’avenir et les futurs films de Gaya Jiji.

ANNEE DE PRODUCTION 2026.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un deuxième film de la réalisatrice Gaya Jiji sur l'exil d'une syrienne et son combat pour obtenir ses papiers. Le script est sensiblement écrit même si la réalisation manque de ferveur. Zar Amir et Alexis Manenti très crédibles.

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