Au XVIIe siècle, dans le petit village de Salem dans le Massachusetts, la servante Abigail Williams se livre à la sorcellerie pour se venger de sa maîtresse Elisabeth Proctor, qui l’a renvoyée à cause de la relation adultérine qu’elle avait avec son époux. Arrêtée, elle prétend être une victime et la cour de justice formée à cette occasion va alors envoyer à la potence toutes les personnes dénoncées comme sorcières par les jeunes filles qu’Abigail a eu le temps de mettre en son pouvoir.
La pièce d’origine écrite par Arthur Miller se voit adaptée par Jean Paul Sartre pour son passage à l’écran. Située dans l’Amérique profondément puritaine du XVIIe siècle, le texte s’inspire d’un fait divers réel advenu au Massachussets dans lequel vingt cinq hommes et femmes furent condamnés à la pendaison pour sorcellerie. Miller se sert de cette intrigue pour dénoncer la vague d’intolérance politique sévissant aux Etats Unis dans la décennie 50 avec la fameuse « ‘chasse aux sorcières » par le sénateur Mac Carthy, obsédé par l’épidémie communiste osant émettre des critiques contre la religion chrétienne et le capitalisme. Les Sorcières de Salem montre ainsi comment la délation, les fausses accusations et la peur conduisent une cour de Justice à prononcer des sentences de mort envers des personnes en réalité innocentes. Ancien piètre comédien, Raymond Rouleau se charge de la mise en scène et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’elle est fortement démonstrative et beaucoup moins subtile que l’esprit du texte originel. Le film pointe du doigt le fanatisme religieux avec un certain manque de finesse, peu aidé par un montage maladroitement mené.
Fort heureusement, l’affiche proposée a recours au couple vedette du moment, qui avait déjà joué la pièce au théâtre: Simone Signoret/Yves Montand. Elle, rugueuse, passionnée et intense en épouse trompée puis dévouée à son homme. Lui, prenant de plus en plus d’assurance dans ses compositions et faisant de Proctor une victime de ses penchants adultères. Pourtant, la vraie surprise vient surtout d’une jeune inconnue, endossant le rôle de la servante manipulatrice et trouble Abigail: Mylène Demongeot se distingue à la fois par son physique agréable et sa capacité à tenir tête au tandem star. Longtemps resté plutôt invisible ou peu projeté (pour une question de refus de Miller de céder ses droits), Les Sorcières de Salem ressortent de l’ombre, ce qui permet aux nouvelles générations de le découvrir.
ANNEE DE PRODUCTION 1957.



