LA CALIFFA

Des grèves secouent l’Italie. Le mari de la Califfa est tué et elle devient la Passonaria des grévistes. Elle s’oppose au patron de l’usine, Doverdo, lui-même ancien ouvrier. L’opposition se transforme en amour, du coup le conflit s’éteint par concessions réciproques.

Romancier italien, Alberto Bevilacqua passe à la mise en scène pour faire le portrait d’une humanité féminine en pleine mutation face à la suprématie séculaire du mâle. Dans ce drame néroréaliste poussif, la jeune ouvrière défendant à tout crin ses droits et ceux de ses collègues masculins face aux abus du patronat passe du statut de veuve éplorée et révoltée à celui de femme tombant finalement amoureuse de celui qu’elle combattait dans ses idées de justice sociale. La Califfa ambitionne sûrement sur le papier d’être un intense pamphlet politique contre la domination des forts sur les faibles, pourtant le scénario, abscons et bardé de dialogue ridicules, ne convainc jamais et pire, ennuie profondément. Dans le contexte des années de plomb en Italie, Bevilacqua pose un regard désabusé où rien ni personne ne semble vouer à changer radicalement et la menace de l’ancien fascisme mussolinien plane comme une ombre pesante sur ces vies agitées. Que dire du montage, saturé d’ellipses ne favorisant ni l’émotion ni l’implication du spectateur déjà mis de côté par une mise en scène impersonnelle. C’est doublement dommage car le sujet de base ne manque pas d’attrait et le thème des classes sociales opposées aurait pu déboucher sur un film bien plus accrocheur.

Seul relatif intérêt à retenir: le duo Romy Schneider/Ugo Tognazzi. Romy casse littéralement son image d’ex Sissi adorable et sucrée avec ce rôle d’ouvrière sensuelle, combative et amoureuse et sa beauté apporte heureusement de quoi ne pas détourner le regard. Tognazzi parait figé et adopte une attitude et un jeu de marbre, comme déconnecté de ses émotions, sans mettre de nuances à son personnage pourtant ambivalent de patron reniant presque son idéologie capitaliste. Le reste de la filmographie de Bevilacqua, sans aucun éclat, confirmera qu’il n’a jamais su s’imposer comme réalisateur et que son penchant pour la littérature ne passait pas la barrière de l’écran. La contestation hargneuse de La Califfa semble vide de sens et laisse totalement de glace.

ANNEE DE PRODUCTION 1970.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un premier film du romancier italien Bevilacqua, perdu dans une adaptation confuse de son propre livre. Aucun signe positif à retenir du côté du scénario et la réalisation est mauvaise. Romy Schneider, belle et actrice investie, donne le maximum. Ca ne sauve rien.

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