AccueilCritiquesComédieLA SOURIS QUI RUGISSAIT

LA SOURIS QUI RUGISSAIT

Le duché de Fenwick, modeste État d’Europe, exporte son vin aux États-Unis. Quand un businessman décide de fabriquer une contrefaçon de ce délicat breuvage, c’est la ruine pour le duché. Mobilisation générale, déclaration de guerre. Une centaine d’archers sont dépêchés vers le Nouveau Monde. Ils arrivent à New York en pleine alerte atomique et leur tenue ahurissante les fait prendre pour des Martiens.

Très connu pour toute sa première partie de carrière consacrée au domaine de la science fiction et du fantastique (Tarantula, L’étrange créature du lac noir et surtout L’Homme qui rétrécit), le réalisateur américain Jack Arnold dériva peu à peu vers la comédie et la satire comme en témoigne cette Souris qui rugissait. Une satire loufoque sur la menace nucléaire alors en plein boum, sur la hantise des américains d’être envahi soit par des extraterrestres soit par les communistes (à moins que ce ne soit les mêmes?!) et Arnold prend le plis de la farce et de la dérision. Son script rigolo ne va pas forcément aussi loin qu’on aurait pu le désirer, pourtant il sait empiler les gags comme au temps du burlesque et s’en sort avec une mise en scène tout à fait correcte. Le fond du sujet respire l’intelligence et un sacré regard sur le monde en train d’évoluer, anticipant d’une certaine manière le Dr Folamour de Kubrick. On y trouve de l’humour anglais, des anachronismes (notamment des décors moyennageux dans un New York de 1959) et une sérieuse tendance à la subversion et au politiquement incorrect.

Délirant et adorant se grimer pour tenir plusieurs rôles à la fois (ici au nombre de trois!), Peter Sellers fait un numéro très amusant en Grande Duchesse Gloriana notamment. Un acteur qui n’avait peur de rien et osait tout. A ses côtés, la douce Jean Seberg l’accompagne pour la caution charme, à quelques mois de sa révélation chez Godard dans A bout de Souffle. Fustigeant l’impérialisme US, les pouvoirs en place et l’armée, La Souris qui rugissait se pose en manifeste pacifique et à cette époque de pleine guerre froide, ça fait un bien fou!

ANNEE DE PRODUCTION 1959.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Pas un très grand film, mais cette incursion dans la comédie loufoque pour Jack Arnold est une bonne surprise, pleine de mauvais esprit et porté par un Peter Sellers en grande forme.

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