En l’an 4000, sur ordre du président de la Terre, la jeune Barbarella doit retarder ses vacances sur Vénus pour tenter de retrouver et d’arrêter le redoutable professeur Durand Durand… S’ensuit une foule de mésaventures…
Attention! Mieux vaut prendre au 3e degré ce gloubi boulga oscillant entre comédie et science fiction, car ses décors, sa réputation, son script atteignent des niveaux de kitscherie redoutable! Roger Vadim a voulu changer de genre et adapter la BD crée par le dessinateur Jean Claude Forest dans laquelle fourmillent des lieux, des costumes, des objets et des appareils aussi inventifs qu’inattendus. Comme il aimait beaucoup l’érotisme, Vadim saupoudre son « intrigue » de petites séquences piquantes toute sorties de la récente libération sexuelle de la fin des sixties. Plonger dans Barbarella et l’apprécier nécessite sûrement un amour prononcé pour les effets psychédéliques, les situations de non sens, l’onirisme délirant et se laisser porter par un humour décalé (pas toujours hilarant). Après tout, peu importe que cette tentative de SF compile des saynétes parfois à la limite du ridicule, l’auteur de Et Dieu Créa la Femme a eu le courage et l’audace de tourner cet ovni que personne n’attendait et pris le public et les critiques de court. L’inconvénient majeur réside par contre dans le rythme, mal agencé, causant des longueurs inutiles, où l’on finit par regarder sa montre.
De tous les plans, dans toutes les positions et habillée des costumes signés Paco Rabanne, la muse d’alors du cinéaste, la délicieuse Jane Fonda, incarne l’héroïne intergalactique, en mission pour sauver l’univers (rien que ça!) et il faut reconnaitre que l’on a des yeux que pour elle! Entourée d’un casting improbable composé de Claude Dauphin, David Hemmings, John Philipp Law et enfin Ugo Tognazzi affublé d’une moquette yéti pour tout costume! Pas certain que les huit scénaristes convoqués pour l’occasion se soient vraiment creuser les méninges pour pondre ce réjouissant nanar, qui reste visuellement plutôt bien foutu! A noter du côté des références, une scène hommage directement empruntée aux Oiseaux d’Hitchcock lorsque la belle Barbarella, enfermée dans une cage, subit les assauts de dizaines de volatiles sûrement très excités par son corps de rêve!
ANNEE DE PRODUCTION 1968.



