Albert, savant doué, est mis au chômage. Poursuivant ses recherches à domicile, il trouve le moyen de tuer, depuis son récepteur, les présentateurs qui passent en direct à la télévision. La police s’interroge, mais une intuition fantastique va conduire le commissaire Pascot sur une piste, ouvrant la voie à une incroyable affaire.
Après avoir expérimenté la réalisation avec Le Dernier Combat et surtout Subway, gros succès générationnel, Luc Besson a voulu étendre son champ d’action en se lançant dans la production et la première oeuvre qu’il mit en chantier fut ce Kamikaze, tout premier galop d’essai du réalisateur Didier Grousset. Fortement influencé par le cinéma de genre, la science fiction et le fantastique, Grousset invente un sujet à la modernité méritoire pour son époque (un savant fou inventant une machine à tuer depuis son domicile en passant par le réseau hertzien), sans toutefois parvenir à développer convenablement ses idées. Sa réalisation oscille en outre entre images léchées, effets clipesques symptomatiques des années 80, des plans séquences ambitieux mais hélas pas toujours maitrisés. On sent que le style Besson a déteint sur lui, pas forcément pour le meilleur… Le super méchant ruminant sa hargne contre les speakrines se voit traqué par un commissaire de police opiniâtre décidé à résoudre son enquête coûte que coûte: un pitch policier donc, avec un argument de SF, et des pointes de comédie (bon, pas toujours d’une folle drôlerie avouons le!). Grousset tente une critique acerbe de la télévision, tout en lorgnant vers le drame social (la « folie » du tueur trouvant des explications dans l’isolement et le repli sur soi): Kamikaze aboutit donc à un résultat hybride, curieux, mal digéré, mais cependant pas complètement raté.
Côté casting, Besson a conseillé Grousset de s’entourer de noms assez bankables et il confie le rôle du savant zinzin à Michel Galabru, sociopathe inquiétant qui glisse dans sa dérive au fur et à mesure avec une implication tout à fait crédible. Richard Bohringer, alors en plein boum et tournant près de trois films par an, écope du personnage placide du flic têtu. Puis, on retrouve Dominique Lavanant, Etienne Chicot et dans son tout premier passage à l’écran avant Les Nuits Fauves, la jeune Romane Bohringer (13 ans à peine) jouant la fille du commissaire avec son vrai papa dans la vie. Le concept barré de Kamikaze s’étiole malheureusement dans un récit peu cohérent et surtout une nonchalance certaine dans le traitement. La contribution d’Eric Serra à la musique fait son petit effet.
ANNEE DE PRODUCTION 1986.



