BOCCACE 70

Trois adaptations modernes des contes pour adultes de Boccace qui mettent en scène des femmes de caractères :

Le Travail de Luchino Visconti : Pupé exige de son mari, le Comte Ottavio, d’être payée à chaque fois qu’il veut l’honorer.

La Loterie de Vittorio De Sica : Zoé, une marchande foraine, organise une loterie dont elle est le gros lot.

La Tentation du Dr. Antonio de Federico Fellini : une affiche géante, représentant une somptueuse femme qui vante les bienfaits du lait, perturbe et rend fou le docteur Antonio.

Ave ce film à sketches (tendance en vogue dans le cinéma mondial dès les années 60), le producteur Carlo Ponti convoque trois des plus fameux réalisateurs transalpins pour signer trois moyens métrages prenant le pouls de l’Italie du boom économique. D’après les contes galants de Boccace, chacun devra imposer son style singulier et raconter une histoire dans un temps réduit (environ 50 minutes pour chaque segment). Le trait commun réside dans la représentation de femmes « fatales » et constitue une charge collective contre les bien pensants (et la censure furieusement à l’oeuvre dans le pays) avec une pointe d’érotisme marquée. Le sketch initial livré par Fellini reprend presque là ou La Dolce Vita se clôturait, avec néanmoins beaucoup plus de légèreté: il s’amuse à montrer une femme voluptueuse affichée en grand et attisant le désir des hommes tout en choquant la morale catholique d’un médecin rétrograde. Notons que pour la première fois, Fellini utilise la couleur (et plutôt joliment), pour lui le procédé était par essence anti naturaliste (ce qui ici cadre bien avec cet épisode « délirant » où la femme fantasmée de papier glacé prend vie et domine de sa taille gigantesque le petit homme qui peste contre elle). Ensuite, le propos se fait plus sérieux et surtout on passe de l’Italie des rues de Rome à un huis clos typique du style Visconti en charge de réaliser le second épisode. Le ton se fait plus satirique, le jugement sur les rapports mari et femme se corsent d’une ironie mordante (la femme désirant « travailler » réclame à son époux d’être payé à chacune de leurs relation sexuelles). Moins directement comique, Le Travail pointe du doigt la place de la femme dans la société italienne, pas forcément enviable même quand celle ci évolue dans la haute bourgeoisie oisive. Pour clore Boccace 70, Vittorio De Sica penche pour la farce grotesque avec La Loterie, une Italie profondément rurale sert de décor, et en gros les hommes n’ont qu’une préoccupation (l’argent et le sexe), affolés par une foraine détentrice d’un stand de tir! Sans doute le plus « faible » des trois chapitres.

Outre l’Italie, l’autre thème crucial de Boccace 70 demeure la femme, encore la femme et pour les magnifier, Fellini, Visconti et De Sica dirigent leurs muses les plus inoubliables. Ainsi, la pulpeuse Anita Ekberg incarne l’héroïne géante de la publicité pour le lait dans le prolongement de son personnage de symbole sexuel de La Dolce Vita. Visconti offre à Romy Schneider l’occasion de reléguer définitivement Sissi « à la cave » en lui faisant jouer une épouse « décadente », une poupée adorable devenant brutalement vénale et elle y déploie une palette d’émotions incroyable. Enfin, Sophia Loren, sculpturale, provocatrice, irradie de beauté sauvage devant la caméra de De Sica. Sans leur concours, nul doute que Boccace 70 ne tiendrait pas aussi bien la route.

ANNEE DE PRODUCTION 1962.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Trois sketches par les plus illustres réalisateurs italiens pour rendre hommage à leur pays et aux femmes. Un peu inégal, mais carton plein pour les actrices, surtout Romy Schneider absolument divine.

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