Le chanteur Freddie Mercury, le guitariste Brian May, le batteur Roger Taylor et le guitariste John Deacon prennent d’assaut le monde de la musique lorsqu’ils forment le groupe de rock Queen en 1970. Entouré d’influences sombres, Mercury décide de quitter Queen pour poursuivre une carrière solo.
Au vu des multiples biographies filmées réalisées ces vingt dernières années, on ne s’étonnera pas que le groupe Queen, incontournable jalon du rock de 1973 à 1991, soit l’objet à leur tour d’un biopic en bonne et due forme. Bohemian Rhapsody étant quand même d’abord un film sur la vie de son leader Freddie Mercury, mort du Sida à 45 ans. De manière assez linéaire et donc avec un point de vue « scolaire », le réalisateur de X Men, Bryan Singer, nous relate donc l’existence du célèbre chanteur, de ses débuts à sa fin prématurée, en passant par les différentes étapes de sa carrière et moments forts de son ascension. Si le récit n’ennuie jamais et nous permet de découvrir la génèse de tubes comme Radio Gaga, Never one bites the dust, We will Rock you , Bryan Singer ne se foule pas des masses pour rendre sa mise en scène inventive ou singulière. Bien sûr, les néophytes vont apprendre des choses sur Mercury, mais l’on pourra regretter que les aspects les plus sombres de sa personnalité (drogue, addiction au sexe, maladie) ne soient qu’effleurés, en tout cas insuffisamment approfondis. En revanche, l’excellente idée de terminer les vingt dernières minutes par la prestation monstre de Mercury au fameux Live Aid de 1985 à Wembley, filmée à plusieurs caméras, rebooste un ensemble assez policé censé honorer l’héritage musical conséquent laissé par Queen.
Bohemian Rhapsody existe heureusement pas mal grâce à la prestation de l’acteur Rami Malek de la série M. Robot : non content de jouer le mimétisme physique, en supportant une prothèse dentaire visiblement encombrante, il apporte de jolis nuances à son interprétation, crédible dans l’ambivalence sexuelle, touchant dans son approche du personnage et surtout doté d’une puissance réelle lors des séquences sur scène, reproduisant au geste près les mimiques du chanteur à la voix d’or. Les coiffures et les costumes d’époque vintage 70/80 sont également le fruit d’un travail de reconstitution élaboré (en particulier pour les autres membres du groupe, passant du look punk au look funk, puis au rock progressif). Propre, trop lisse sur la sphère privée, ce biopic musical marque surtout des points pour la résurrection de hits mondiaux que l’on ne se lasse pas d’écouter et pour l’implication sans failles de Malek, d’ailleurs gagnant d’un Oscar mérité. Pour le reste, lire un résumé Wikipédia du phénomène Freddie Mercury serait presque du pareil au même!
ANNEE DE PRODUCTION 2018.



