BRONSON

Michael Peterson, autrement appelé Charlie Bronson, est le détenu d’Angleterre le plus tristement célèbre pour sa violence, son anti autoritarisme. Il est à l’isolement depuis des décennies dans les prisons les plus rudes du pays, considéré comme un élément ingérable et très dangereux…

Nicolas Winding Refn, auteur, scénariste et réalisateur danois, futur papa de Drive, se penche sur le cas du plus violent détenu de Grande Bretagne et en tire une sorte de « biopic » d’action afin de le faire mieux connaitre aux yeux du public. D’un strict point de vue narratif, la pauvreté désolante du script ne permet guère de lever un voile sur ce personnage effrayant, fascinant et redoutable. Pas de psychologie (ce qui peut être une qualité), mais pas de substance réelle ni d’enjeu non plus (ce qui est par contre rédhibitoire). Charlie Bronson accumule les zones d’ombre sur lui même, cultive un mystère sur l’origine de son attrait pour la violence, ce qui pourrait nourrir l’intérêt, mais hélas cela dessert plutôt le propos. La mise en scène de Refn trouve ici ou là quelques idées intéressantes, ce qui n’empêche pas l’esthétique de passer pour « tape à l’oeil ». Les bagarres incessantes avec le personnel carcéral, ainsi que les très nombreux gros plans sur le visage très expressif du « héros » font l’essentiel du métrage et finissent par lasser.

Tournant son destin sous les verrous sous le prisme de la farce, le réalisateur fait de son Bronson un être inatteignable, une bête furieuse et curieuse, comme un cousin d’Alex dans Orange Mécanique ou du récent Joker (d’autant qu’il est souvent grimé ou joue avec son faciès). Mais Refn n’a pas l’envergure de Kubrick et il ne suffit pas de compiler des images chocs et une bande musicale canon pour faire un grand film. La seule et véritable raison d’être de ce projet réside dans l’investissement total de son acteur: Tom Hardy, hyper intense, fait un numéro coup de poing (c’est littéralement le cas de le dire), frisant le cabotinage sans toutefois y tomber.

ANNEE DE PRODUCTION 2008.

REVIEW OVERVIEW

réalisation
scenario
interprétation

CONCLUSION

Un script pauvre, des effets chocs, l'histoire d'une figure de l'ultraviolence. Seul Tom Hardy justifie la vision.

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