Au milieu de l’année 80, encouragé par sa bande, puis rapidement par le public, Coluche se lance dans la folle entreprise de se présenter aux élections présidentielles, avec une inconscience proportionnelle à son sens de la liberté…
Pour évoquer Coluche, l’acteur réalisateur Antoine De Caunes ne choisit pas l’axe du biopic traditionnel, allant de l’enfance à la mort du trublion comique, mais se penche sur une période bien précise couvrant les six mois durant lesquels il mit toute son énergie dans un projet de taille: préparer sa candidature à l’élection pour contrer aussi bien la droite que la gauche, qu il fustigeait dans ses sketches comme des partis de « tous pourris ». Le show man se mêle alors de politique et ne s’attire pas que des sympathisants. De Caunes ravive des souvenirs de la France du chômage, de l accession au pouvoir des socialistes et le fait avec une certaine nostalgie. Le script fait la part belle aux imitations et aux sketches de Coluche et le montre également dans sa sphère privée: cash, fonceur, singulièrement à part: une voix qui savait faire bouger les mentalités. La faiblesse du métrage se niche dans la mise en scène : De Caunes expédie toute notion de style et ne se casse pas trop la tête pour faire preuve d’imagination, en carence d’un vrai point de vue. Les faits relatés paraissent désincarnés et virent rapidement à un éventail d’anecdotes plus ou moins pertinentes. Disons que nous n’avions pas vraiment besoin d’un film comme ça pour se douter que Coluche avait ses failles, ses défauts, ses zones d’ombres au delà de l’image ultra sympathique qu’il véhiculait.
En comédien consciencieux et doté d’un talent indéniable, François Xavier Demaison à la lourde tâche de jouer Coluche et fort heureusement, il ne cherche aucunement à l’imiter vulgairement. Il a certes endossé la célèbre salopette, pris une intonation de voix proche de l’original, mais crée un personnage « de son cru ».. A ses côtés, Léa Drucker campe Véronique, son épouse passant de l’amour au ras le bol, de nouveau capable de bien des nuances dans son jeu. Les seconds rôles (Astier, Jean Pierre Martins, Olivier Gourmet) se planquent derrière des maquillages et accoutrements d’époque sans marquer les esprits outre mesure. L’histoire de ce mec se laisse regarder sans déplaisir, nous replonge dans une époque vintage pas désagréable. Sans gros plus.
ANNEE DE PRODUCTION 2008.



