FJORD

Les Gheorghiu, un couple roumano-norvégien très pieux, s’installent dans un village au bout d’un fjord où ils se lient rapidement d’amitié avec leurs voisins, les Halberg. Les enfants des deux familles deviennent très proches, malgré des éducations différentes. Lorsque le corps enseignant découvre des ecchymoses sur le corps d’Elia, l’aînée des enfants Gheorghiu, la communauté se demande si l’éducation traditionnelle que les enfants Gheorghiu reçoivent de leurs parents pourrait en être la cause.

Habitué du festival de Cannes, le roumain Cristian Mungiu y a déjà remporté plusieurs prix dont une première Palme d’Or pour le film 4 mois, 3 semaines, 2 jours et a réalisé un joli doublé en mai dernier en repartant avec une seconde Palme pour ce nouvel opus. Fjord oppose deux manières de penser, d’éduquer, de vivre, entre une famille aux valeurs chrétiennes très conservatrices et une autre plus progressiste, moins rigide. Le grain de sable survient lorsque des soupçons de maltraitance sur les enfants  pèsent et nécessitent l’intervention de l’Aide à l’enfance pour trancher de manière radicale et en demandant le placement des gamins en famille d’accueil. Obsédé par la nuance et l’observation pointilleuse de tous les points de vue, Fjord navigue alors entre le film de procès et le drame social, emporté par des flots de dialogues explorant les dilemmes moraux avec acuité. Le film pose des questions pertinentes sur la discipline stricte, ses méthodes, sur les différences entre une « fessée » occasionnelle et un quotidien de violences, sur ce que peuvent se permettre des parents et sur ce que peut lui interdire l’Etat en matière d’éducation..Mungiu ne prend jamais parti et la force de son cinéma se situe justement dans cette capacité à se pencher sur chaque « camp »: où sont les bons, les méchants, où est la  » vérité » absolue ?  Est elle seulement décelable ? Chez lui rien de tout ça ! La mise en scène interroge aussi le choc des cultures, le fossé entre religion stricte et monde contemporain dans lequel le « wokisme » prône une ouverture et une tolérance sans limites à l’autre.

Du côté de l’interprétation, le roumano américain Sebastian Stan, vu dans The Apprentice, incarne ce père droit et fermé, dont on ne parvient pas à sonder l’âme, avec une raideur sûrement excessive. Face à lui, la norvégienne et désormais incontournable actrice Renate Reinsve apporte un jeu plus « fort », en tout cas moins linéaire. Un peu comme l’avait fait Justine Triet avec Anatomie d’une chute, Cristian Mungiu refuse de « finir » son film par des réponses toutes faites, des certitudes irréfutables, nous laissant le choix de penser ou de juger comme bon nous semble. On peut trouver ce procédé « pratique » , c’est surtout la marque d’un cinéaste imposant sa singularité. Est ce que Fjord méritait la Palme d’Or ? Là aussi, chacun aura son ressenti propre !

ANNEE DE PRODUCTION 2026.

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Sixième film de Mungiu et toujours une maîtrise nette de sa mise en scène. Scénario complexe qui bouscule les préjugés. Palme d'Or à l'arrivée.

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