Ludovic est le fils de Nicole, une fille mère qui a épousé Micho, un homme plus âgé qu’elle. Celui ci accepte d’adopter Ludovic, né d’un viol et mal aimé par sa mère. Elle en fait son souffre douleur avant de le confier en pleine adolescence à une institution pour personnes attardées…
Le roman de Yann Queffelec avait bouleversé la France entière, remporté le Prix Goncourt en 1985 par son écriture sèche, violente, déchirante. En toute logique, un projet d’adaptation cinéma nait et se voit dirigée par une femme réalisatrice (encore peu nombreuse à cette époque), originaire de Belgique, Marion Hansel. Difficile de traduire en images les mots crus et cruels de Queffelec, sa description sans détours de ce « rapport » mère/fils empli de ressentiment, de rejet, de haine. Le récit, aidé par des flash backs, explique la maltraitance de ce pauvre enfant par une mère intimement détruite par le viol qu’elle a subi et qui a donné naissance à ce « bâtard » dont elle ne supporte ni la présence, ni la vue et ne lui dispense aucune éducation, ne lui prodigue aucune marque de tendresse ou d’intérêt. La réalisation ne prend pas des chemins de traverse pour raconter cette histoire terrible et triste, Marion Hansel n’y met pas de « bémols » là où justement quelques nuances auraient pu rendre le film encore plus dérangeant et désespéré. Elle « édulcore » presque le manque d’amour du gamin et fait de la mère une simple hystérique incontrôlable au regard vipérin. Un autre « problème » provoque une gêne dans la crédibilité globale: le manque de vieillissement de la mère, alors que le scénario est censé se dérouler sur près de 20 années.
Pourtant, en dehors de ces faiblesses et des défauts cités plus hauts, Les Noces Barbares peut compter sur une interprétation satisfaisante. Dans le rôle de Ludovic adulte, l’excellent Thierry Frémont, dont c’est seulement le second film, écorché vif, criant son besoin d’amour par le regard et les attitudes. Marianne Basler incarne cette femme blessée et dure avec beaucoup de conviction, laissant penser qu’elle n’a pas ensuite conduit la carrière qu’elle méritait. Bien souvent, du roman à l’écran, les plus beaux récits perdent de leur intensité et n’aboutissent qu’à des oeuvres sinon ratées, un peu fades. Les Noces Barbares se trouve malheureusement pile dans cette catégorie là.
ANNEE DE PRODUCTION 1987.



