A Los Angeles, le simple groom d’un hôtel de luxe présente quatre histoires, se passant dans quatre chambres différentes.
Le genre du film dit « à sketches » connut de beaux jours dans les décennies 60 et 70 avant de disparaitre plus ou moins des radars, sûrement par la profusion de mauvaises productions parfois internationales que le public boudait au final. Et c’est juste après l’explosion de sa bombe cannoise Pulp Fiction que Quentin Tarantino s’est mis en tête de renouveler l’idée des multiples segments réunis en un seul film! Four Rooms, rebaptisé en France Groom Service, comporte ainsi quatre sketches signés par des réalisateurs différents et tous potes de Quentin, soit Allison Anders pour L’Ingrédient manquant (vague histoire de sorcières sexy, censée être drôle et ne nous arrachant qu’une série de baillements), soit Alexandre Rockwell pour The Wrong Man (piteux pastiche de comédies policières rances), soit Robert Rodriguez pour The Mindhavers (où deux gosses livrés à eux mêmes dans une chambre d’hôtel rendent dingues le garçon d’étage) et enfin Tarantino lui même pour l’ultime sketch sur un réalisateur hollywoodien jouant à lancer des paris stupides! Les scripts de chaque segment rivalisent tous de médiocrité et de bêtise, sans jamais parvenir à distraire ou à imposer un humour même au 3e degré! Aux abonnés absents, la mise en scène, bâclée, ne met nullement à profit l’idée du « huis clos » infernal dans lequel se débat le seul point commun aux quatre histoires: le pauvre groom dépassé par tous les imprévus qu’il doit gérer! Tarantino a sûrement eu envie d’un projet loufoque et décalé, sauf que rien ne fonctionne et l’esprit malin, habituellement au top dans les oeuvres du réalisateur de Kill Bill, se trouve là complètement absent!
La longue liste de vedettes convoquées pour jouer quelques minutes dans ce pensum aurait pu constituer un bon prétexte pour ne pas bouder son plaisir! Et ben même pas! Entre Valéria Golino, Lily Taylor, Bruce Willis, Antonio Banderas, Jennifer Beals et même Madonna en personne, pas un ou une ne sauve Groom Service de l’ennui le plus complet! Pire: Tim Roth, excellent dans le registre policier et dramatique, incarne le garçon d’étage avec tant de lourdeur et de surjeu (usant de tics faciaux grotesques et d’une gestuelle pénible) qu’il plombe à lui tout seul le casting. Tellement mal accueilli aux Etats Unis et quasiment renié par Tarantino lui même, le film n’eut pas droit à une sortie française! Un désastre à oublier illico!
ANNEE DE PRODUCTION 1995.



