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LE PETIT CRIMINEL

Un gamin d’à peine 16 ans attaque un magasin, prend un jeune policier en otage avec un revolver, l’obligeant à le conduire sur Montpellier pour retrouver sa soeur, qu’il croyait morte et dont il a appris par hasard l’existence.

Le cinéma de Jacques Doillon, souvent aride et sec, n’a pas toujours rencontré le succès, car le public se trouvait souvent dérouté (voire rebuté) par des oeuvres comme La Femme qui pleure, La Pirate ou La Vengeance d’une femme. Avec cet opus, Doillon réussit sans mal à capter tout de suite son auditoire par un récit brut de décoffrage, sans gras, et qui va à l’essentiel. Le portrait d’un jeune adolescent buté, vivant seul avec sa mère, et dont on voit la violence très vite: muni d’une arme, il n’hésite pas à braquer une parfumerie pour une somme modique, puis un flic pourtant sympathique qui cherchait à le comprendre. Doillon s’intéresse à une jeunesse perdue et éperdue d’amour, mais qui tombe dans les conneries par manque de repères, de figure paternelle forte. Sa mise en scène, épurée, ose un réalisme collant parfaitement au sujet, et tout au long de ce road movie, la caméra est au plus près des personnages, vibrante avec eux et à travers leurs yeux. Sans se perdre et avec une maitrise louable, le cinéaste signe un film sensible et émouvant, car tout semble vrai, rien ne sonne faux. Bien sûr, la violence de ce délinquant est imprévisible et en même temps, on sent aussi qu’il n’est pas capable d’aller trop loin, qu’il est presque aussi affolé par les événements. Les rapports entre ce policier et ce hors la loi prennent une place prépondérante dans l’intrigue, les mots qu’ils se disent, les attitudes qu’ils adoptent, sans oublier l’incursion de la jeune soeur, semant en prime un trouble sentimental.

Le Petit Criminel c’est Gerald Thomassin, un acteur étoile filante, à la nature étonnante, découvert par Doillon et qui remporta le César du Meilleur Espoir pour sa composition. Hélas, sa carrière ne décollant pas, il prit une trajectoire marginale, fut ensuite mêlé à une sombre affaire de meurtre non élucidé. Et finalement, il s’est purement et simplement volatilisé depuis. Dans le rôle de sa soeur, la révélation de Clotilde Courau marqua aussi les esprits, avec son jeu à fleur de peau. Si Richard Anconina tient officiellement le haut de l’affiche (et il ne démérite pas), c’est avant tout pour Thomassin que le film a tant fait parler. Jacques Doillon a rarement été autant inspiré ensuite.

ANNEE DE PRODUCTION 1990.

REVIEW OVERVIEW

réalisation
scenario
interprétation

CONCLUSION

Le film le plus abouti de Doillon. Sensible et réaliste. Gérald Thomassin acteur ovni.

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