Un jeune reporter-photographe est assassiné. Sa maîtresse Madeleine se trouve suspectée parmi les nombreux membres d’une riche famille d’industriels. La police traque sans relâche l’assassin.
Au départ, un bon roman policier de Patrick Quentin, sorte de série noire proche d’Agatha Christie. L’un des tandems de scénaristes les plus incontournables du cinéma français, Pierre Bost et Jean Aurenche, en signent l’adaptation. Ce passage au grand écran semble avoir enlevé toute substance à l’intrigue pour la rendre tortueuse et lancinante. Le Rendez Vous passe entre les mains du réalisateur Jean Delannoy, une des têtes de turc de La Nouvelle Vague, qui ne voyait en lui qu’un cinéaste au style périmé et à l’imagination limitée. Une critique que l’on pourrait reprendre ici telle quelle car effectivement, le script laborieusement mené et la mise en scène sans saveur apportent une sensation d’ennui. Delannoy filme les personnages de ce drame bourgeois avec froideur, ce qui nous empêche de nous intéresser véritablement à leurs mésaventures. Sur les deux heures (bien trop longues) de sa projection, le film commence à devenir un peu plus prenant dans la seconde moitié autour de l’enquête policière, multipliant les fausses pistes afin de ne pas deviner quel est l’auteur du crime commis.
L’attrait positif est plutôt à chercher du côté de la distribution, alléchante ! On y croise Michel Piccoli, Odile Versois, Jean Claude Pascal, Andréa Parisy et Philippe Noiret dans la peau d’un inspecteur débonnaire. Mais les deux plus jolies prestations reviennent à Georges Sanders, l’ acteur américain raffiné, jouant avec un accent français remarquable et surtout Annie Girardot, composant une ex épouse aux multiples zones d’ombres. C’est d’ailleurs elle qui semble la plus à l’aise et la mieux servi dans ce polar plan plan trop fourni en rebondissements pour y adhérer sans réserves. Du cinéma « vieillot » qu’il est presque difficile de célébrer encore de nos jours. On peut rêver de ce qu’aurait fait un Chabrol avec pareil matériau de base.
ANNEE DE PRODUCTION 1961.



