LES PLAGES D’AGNES

Le parcours de la cinéaste Agnès Varda raconté par elle même….

Agnès Varda invente presque un genre à part entière, l’autodocumentaire, regard ludique et lucide sur le temps qui passe, sur une vie passée à être artiste, femme, mère, épouse, féministe, mais aussi photographe, militante, et enfin cinéaste. A l’aube de ses 80 balais, elle revient de sa prime jeunesse à Bruxelles, en passant par ses années insouciantes à Sète, jusqu’à son long séjour aux Etats Unis en pleine révolution sexuelle et idéologique, et puis bien sûr toutes ces années passées à Paris, Rue Daguerre, à créer, à inventer, à se faire des films et à les offrir aux yeux du monde entier. Varda comme on ne la connaissait pas: curieuse de tout, ouverte aux autres, jamais nostalgique gratuitement, toujours dans l’émotion véritable en évoquant ses rencontres fabuleuses (Jean Vilard,  Gérard Philipe, Cocteau, Godard, Jim Morrison, etc…) et en parlant à coeur ouvert de ses acteurs/actrices (Deneuve, Noiret, Piccoli, Bonnaire ou Jane Birkin). Ainsi, cinquante ans de création nous sont relatés par le biais d’un montage bourré d’idées, utilisant à la fois le patchwork, les inserts, les extraits de films, les images d’archives personnelles, etc… et tout fonctionne comme par une magie indicible et une fluidité extraordinaire. Non dénué d’humour, Les Plages d’Agnès rend hommage à l’art en général (la peinture, la sculpture, la photographie, le jeu) et trace le portrait d’une femme libre, indépendante, visionnaire, jamais à cours d’anecdotes, à travers une mise en abyme tendre et puissante. Malicieuse, Agnès pose ses mots face caméra, intelligente dans ses réflexions, profonde dans son rapport à la vie et au cinéma. Comme dans son film Les Glaneurs et la Glaneuse, elle chine et farfouille dans ses souvenirs, de ses origines à son sacre de réalisatrice culte en France et outre Atlantique.

Ce collage d’images qui ne laisse rien au hasard revient souvent sur des plages, toutes fréquentées par Varda et sa famille, de Noirmoutier à Sète, plaçant des miroirs pour refléter le mouvement des vagues (et de la Nouvelle Vague bien sûr), filmant les visages anonymes comme ceux des stars avec un égal plaisir. Elle réfléchit à la mémoire, au temps qui passe, au temps qui reste, à ceux et celles qui ne sont plus là et qu’elle a tant aimé. Dans ces moments, les larmes coulent doucement, sans douleur démonstrative, juste pour se rappeler que la vie lui a offert de superbes cadeaux, comme celui de cette rencontre avec Jacques Demy, son âme soeur, cinéaste lui aussi, excentrique à sa manière comme elle, qui aboutira à une histoire d’amour romanesque, chaotique, tourmentée et qui les marquera tous deux au fer rouge. Varda dépasse le simple cadre de la reconstitution exacte des faits, elle en fait un vrai film qui émeut profondément et durablement. Incontournable.

ANNEE DE PRODUCTION 2008

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Pertinence

CONCLUSION

Sous la forme d'un documentaire confessions, Agnès Varda revient sur sa vie de cinéma et de femme, avec une inventivité constante et une curiosité pour tout et tous. Prix Louis Méliés et César du meilleur doc. Une sacrée bonne femme!

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