Printemps 1982. Après avoir combattu avec succès les Brigades Rouges, le général Dalla Chiesa accepte le poste de préfet de Palerme, ville contrôlée par la mafia sicilienne. Incorruptible, inflexible, il va devenir la bête noire de l’organisation criminelle.
Ecrivain, historien de cinéma, Giuseppe Ferrara marche sur les traces de réalisateurs italiens comme Elio Petri ou Francesco Rosi et leur veine politique et sociale. Avec Cent Jours à Palerme, il revient sur des événements récents (au moment du tournage) ayant conduit à l’assassinat du préfet Dalla Chiesa, fervent combattant de la Mafia sicilienne. Bien que courageux et engagé par son sujet brûlant, le scénario hésite constamment entre le film dossier -à la manière de Boisset en France-, le thriller politique relatant des faits avérés, et le portrait sans concessions d’une figure marquante de l’Italie. Ferrara ne tranche pas dans ses choix et sa mise en scène, brouillonne, s’éparpille au gré du récit. Entre de nombreuses scènes d’exécutions sommaires, traduisant la terreur palpable que fait régner la Mafia, et d’autres plus bavardes où le Général défend ses convictions pour tenter de faire bouger les lignes du gouvernement, le film tente de tenir son cap sans temps mort mais sans véritablement passionner pour autant. En outre, le montage manque d’unité, tandis que le doublage français ne plaide pas en faveur des comédiens.
Pour incarner cet homme intransigeant qui dérangeait trop de monde, Ferrara a jeté son dévolu sur Lino Ventura. L’acteur, visage fermé, autoritaire, se fond dans ce personnage sans aucune difficulté et lui apporte même une épaisseur bienvenue. Ce sera malheureusement son dernier grand rôle. Pour jouer son épouse, l’italienne Giuliana De Sio s’y entend correctement. On retrouve également dans une participation périphérique Adalberto Maria Merli qui fut le terrifiant tueur de femmes de Peur sur la ville. Ferrara semble à la fois désireux de dénoncer la surpuissance d’un système corrompu en accordant une place importante à la politique et réaliser aussi un polar nerveux. Les deux ne cohabitent pas nécessairement bien ensemble. Pour Lino, l’indulgence nous poussera à regarder ce film pas assez stimulant
ANNEE DE PRODUCTION 1984.



