Deux années à arpenter les rues en tant que Batman et à insuffler la peur chez les criminels ont mené Bruce Wayne au coeur des ténèbres de Gotham City. Avec seulement quelques alliés de confiance – Alfred Pennyworth, le lieutenant James Gordon – parmi le réseau corrompu de fonctionnaires et de personnalités de la ville, le justicier solitaire s’est imposé comme la seule incarnation de la vengeance parmi ses concitoyens. Lorsqu’un tueur s’en prend à l’élite de Gotham par une série de machinations sadiques, une piste d’indices cryptiques envoie le plus grand détective du monde sur une enquête dans la pègre, où il rencontre des personnages tels que Selina Kyle, alias Catwoman, Oswald Cobblepot, alias le Pingouin, etc…
On a bien sûr connu, aimé et suivi les précédentes aventures de Batman, l’homme chauve souris doté de supers pouvoirs dans les oeuvres de Tim Burton et de Christopher Nolan, chacun dans leur style ayant réussi à donner vie à ce personnage sombre et mystérieux de l’univers DC Comics. Une nouvelle lecture nous est proposée par le réalisateur Matt Reeves, auteur de Cloverfield et de deux épisodes de La Planète des Singes. Ce dernier privilégie une atmosphère délibérément noire avec une ville de Gotham constamment sous la pluie, proie à la pire criminalité et « surveillée » de près par Batman/Bruce Wayne dont on peut ici découvrir la complexe personnalité. Bien sûr, le film ne renie pas son désir de faire de l’action pure et son enquête sur un tueur masqué prend l’essentiel de l’intrigue, mais Reeves se penche également beaucoup sur la psychologie du héros, sur son trauma d’enfance (le meurtre non élucidé de ses parents), et mêle ses deux aspects d’ailleurs pas toujours de façon harmonieuse. Si la réalisation en soi fourmille d’idées, de rebondissements et n’a rien à envier à Burton ou Nolan, on pense en fait beaucoup plus à David Fincher et ses polars nihilistes comme Seven ou Zodiac. Reeves tente de réinventer une icône avec de gros moyens et se lâche un peu trop sur la durée: quasiment 2H50 de projection et le montage aurait pu clairement en retirer une bonne demie heure!
Après Michael Keaton et Christian Bale, le nouveau Batman prend les traits de Robert Pattinson, bankable et à la mode, alternant les blockbusters et les films plus intimistes: il s’en sort sans encombres, mais comme le personnage n’a que deux expressions durant tout le film, son jeu parait extrêmement « limité ». Le casting s’enrichit de Zoé Kravitz en Catwoman (impossible pour elle de faire « oublier » une seconde la sublime Michelle Pfeiffer), John Turturo en méchant mafieux, Paul Dano dans un rôle de dingo complet et Colin Farrell, tout bonnement méconnaissable sous un maquillage très étudié. En tout cas, si ce Batman 2022 ne manque ni de peps ni d’une esthétique plutôt canon, on peut légitimement être plus dubitatif sur son scénario bancal et finalement éparpillé en tous sens.
ANNEE DE PRODUCTION 2022.



