LE MIRACULE

Papu est un fauché permanent, vivant de petits boulots et d’escroqueries en tous genres. Il décide de simuler une paralysie des jambes pour arnaquer sa compagnie d’assurances. Las de sa fausse situation « assise », il se rend à Lourdes où un « miracle » le guérira. C’est sans compter sur Ronald Fox Terrier, inspecteur méfiant et muet des assurances qui va tenter de le démasquer publiquement et faire échouer la supercherie.

Au début de sa carrière, le trublion réalisateur Jean Pierre Mocky avait déjà fait dans la satire anticléricale avec Un Drôle de Paroissien qui avait connu un joli succès. En bon « bouffeur de cureton », il eut l’idée d’une nouvelle comédie décapante sur le milieu religieux, bien que Le Miraculé soit davantage une charge contre la bêtise et l’aveuglement de ceux qui se soumettent à l’institution et aux marchands du temple. Inscrit dans une veine burlesque et déconnante assumée, Le Miraculé opte pour un ton trivial, délibérement vulgaire dans ses dialogues (fleuris), loufoque dans ses situations: bref du Mocky en bonne et due forme! Sur la mise en scène en elle même, que dire sinon qu’elle est comme d’habitude foutraque et pas forcément très soignée (là aussi Mocky ne cherchait pas à plaire à tout prix, se fichant comme d’une guigne de son esthétique). Au niveau du scénario, on s’amuse des piques lancées contre tous les types de croyance, contre le commerce ambulant qui règne à Lourdes, et Mocky ne craint pas de se mettre à dos bigots et intégristes avec des blagues souvent acides. Mais, on peut lui reprocher de ne pas aller assez loin justement dans la pochade et de s’en tenir à une agréable farce finalement pas si « méchante ».

Le film ne serait d’ailleurs pas aussi réjouissant sans son trio choc de comédiens, totalement en roue libre: Michel Serrault en assureur muet (mais pas sourd!) peut à loisir utiliser sa fantaisie de clown, son acolyte de La Cage aux Folles, Jean Poiret, doit sortir de son image d’élégant mondain pour incarner cet arnaqueur rustaud au langage de charretier. Le tandem, en plus d’être drôle, trimballe une tendresse que l’on sent palpable à l’écran. Face à eux, dans un rôle inattendu d’ancienne pute reconvertie en petite soeur des pauvres, la grande Jeanne Moreau, divine dans une des seules comédies de sa filmographie, se lâche allégrement. Sans oublier de citer la galerie de trognes familières de l’univers de Mocky (Roland Blanche, Sylvie Joly, Jean Abeillé, Dominique Zardi, etc…). On signe pour cet opus classé parmi les bons crus de l’auteur d’Agent Trouble.

ANNEE DE PRODUCTION 1987.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Mocky en remet une couche contre les bigots et la croyance religieuse aveugle avec cette comédie gentiment féroce. Réalisation dilettante mais casting au poil avec Serrault, Poiret et Jeanne Moreau!

LAISSER UN COMMENTAIRE

S'il vous plaît entrez votre commentaire!
S'il vous plaît entrez votre nom ici

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Latest articles

Mocky en remet une couche contre les bigots et la croyance religieuse aveugle avec cette comédie gentiment féroce. Réalisation dilettante mais casting au poil avec Serrault, Poiret et Jeanne Moreau! LE MIRACULE