Le petit Michael Jackson vit son enfance auprès d’une mère aimante et d’un père despotique et violent qui le fait « travailler » dur pour constituer un groupe musical avec ses quatre autre frères. Les Jackson Five deviennent un vrai phénomène pendant les années 70, mais Michael a compris bien vite que son avenir doit se jouer seul et que son talent unique l’appelle vers d’autres aventures…
Après les biographies musicales de Freddie Mercury et d’Elton John, il était plus qu’évident que l’histoire de Michael Jackson fasse un jour lui aussi l’objet d’un film de cinéma. Ainsi, près de 17 ans après sa mort, le roi de la pop a droit à son biopic, sous le contrôle scrupuleux (hélas) de la famille, afin de ne traiter que l’aspect reluisant du mythe et de rappeler la gloire immense qu’il a connu dans les décennies 80/90. Michael nous montre donc l’ascension et surtout l’émancipation de l’artiste, depuis ses premiers pas avec les Jackson Five jusqu’à l’apogée de son succès en 1988 avec l’album Bad. Antoine Fuqua, piètre réalisateur dont le seul film à peu près correct, Training Day, a plus de 25 ans, livre une mise en scène impersonnelle au possible, sans réel point de vue, en suivant à la lettre un script linéaire, gonflé d’éloges et surtout tristement lisse qui ne peut qu’aboutir à un résultat aseptisé et ronflant. La relation de Michael avec son père vénal et tyrannique reste relativement survolée et Fuqua ne cherche pas à donner de l’épaisseur à ces personnages, comme s’il voulait les épargner et rester neutre. Au cours des deux heures de projection, les seuls vrais frissons ressentis résident dans les passages « scéniques », où la danse, la fièvre du live et le son des tubes légendaires (Thriller, Billie Jean, ect..) ouvrent une petite brèche très agréable. Pour le reste, le film s’évertue à ne jamais gratter le vernis et n’explore pas l’homme derrière l’artiste.
Incarner une telle star relève d’un travail d’acteur conséquent afin d’éviter de simplement « imiter »: Jaafar Jackson, le propre neveu de Michael, lui ressemble de manière troublante par moments (d’ailleurs plus spécialement dans sa gestuelle et les chorégraphies étudiées au millimètre). Ceci étant dit, son jeu suscite beaucoup moins d’enthousiasme, affichant une expression passablement monocorde, avec son air candide du jeune adulte qui n’a pas encore grandi (le scénario insiste lourdement sur l’immaturité du personnage). Colman Domingo campe Joe, le père obsédé par le profit financier à tirer de son gamin, avec relativement plus de consistance. Le génie artistique de Michael Jackson n’est pas discutable… ce biopic « bisounours » l’idéalisant à tout prix en revanche l’est beaucoup plus!
ANNEE DE PRODUCTION 2026.



