Quatre jeunes filles à quatre époques différentes. Alma, Erika, Angelika et Lenka passent leur adolescence dans la même ferme, au nord de l’Allemagne. Alors que la maison se transforme au fil du siècle, les échos du passé résonnent entre ses murs. Malgré les années qui les séparent, leurs vies semblent se répondre…
Il s’agit du second long métrage de la réalisatrice allemande Mascha Schilinski, écrit en collaboration avec Louise Peter, mais en réalité le tout premier à sortir chez nous, auréolé de son prestigieux Prix du Jury cannois, ex aequo avec Sirat d’Oliver Laxe. Entremêlant avec audace mais parfois à la limite de la confusion les époques dans lesquelles se situent les quatre intrigues, Les Echos du passé séduit par la précision de la mise en scène, la composition soignée des images (bien morbides), par la force du propos (traiter de la condition féminine à travers le siècle pour dénoncer les violences psychiques et physiques). Ces qualités indéniables ne font hélas pas le poids face aux défauts encore plus nombreux: à commencer par le récit, très aride, enchainant par moments des séquences très lentes et complaisantes sur la souffrance mentale, le mal être enfantin, plombant le rythme général de manière dommageable. Convoquant tout à la fois Haneke, Lynch, Sofia Coppola (Virgin Suicides pour le côté vaporeux et onirique), Mascha Schilinski se sert de toutes ses références majeures en les associant aussi au genre fantastique par son approche de la mort et des fantômes. Certes, la volonté de la réalisatrice n’est sûrement pas de plaire à tout prix, elle nous invite à l’inconfort, mais un inconfort également narratif gênant. Trop long, le film frise la prétention à force de se vouloir insaisissable.
Du côté de l’interprétation, les comédiennes employées (toutes inconnues chez nous) se défendent très bien, citons les principales: Lea Drinda, Luise Heyer, Susanne Wuest, Lena Urzendowsky. La belle idée (et d’ailleurs la plus « compréhensible ») est celle qui nous montre que la violence se répète, comme une fatalité, qu’il semble impossible d’en réchapper, de bout en bout elle habite le film. Les Echos du passé , objet filmique certes ambitieux, reste englué dans une abstraction contemplative systématique et au bout de 2H35 on ne peut s’empêcher de trouver ça plus prise de tête que fascinant.
ANNEE DE PRODUCTION 2026.



