L’ÊTRE AIMÉ

Réalisateur mondialement connu, Esteban Martinez revient en Espagne pour tourner son nouveau film. Il en offre le rôle principal à une jeune actrice inconnue, sa propre fille, qu’il n’a pas vue depuis trois ans. Elle accepte mais sait qu’elle va devoir se confronter à un homme qu’elle n’a jamais pu considérer comme son père. Le poids du passé menace de rouvrir des blessures enfouies.

Après les magnifiques Madre et As Bestas , le cinéaste espagnol Rodrigo Sorogoyen nous revient avec son sixième long métrage, placé sous le signe du drame psychologique. A travers la relation père/fille conflictuelle du scénario, il ajoute la dimension de l’artiste au travail puisque le héros de son histoire est un réalisateur célébré et aguerri que le public adore et qui trimballe dans sa vie privée des casseroles pas véritablement réglées. Surtout cette absence de presque quinze ans dans l’existence de sa fille, actrice, qu’il vient dépêcher pour lui proposer le rôle de son nouveau film. L’Etre Aimé démarre ainsi par une longue séquence de quasiment vingt minutes, où leurs retrouvailles, pleines de non dits, de regards appuyés et de lourds silences, nous asphyxie d’emblée par une mise en scène totalement maitrisée. Sorogoyen arrive à capter de manière implacable l’essence indicible et la complexité des êtres et nous fait partager leurs émotions les plus enfouies. Ensuite, il montre un tournage (souvent mouvementé) en train de se faire, à coups de tension dans l’équipe, tyrannie du réalisateur, soupçons de favoritisme relevés par la presse (sur le fait que la fille travaille pour son père). En plein milieu, une scène, vouée à devenir anthologique, décrivant le processus créatif, les multiples prises et ratés, mettant le réalisateur dans une colère noire. Les décors naturels des Iles Canaries, avec leurs volcans majestueux en sommeil, jouent comme une métaphore du rapport plein de « fureur sourde » que l’on ressent entre les deux protagonistes.

L’Etre aimé est littéralement habité par la présence et le jeu de Javier Bardem que la caméra suit à la trace, scrutant ses moindres expressions et réactions. Il y avait très longtemps qu’un réalisateur ne l’avait pas si bien servi et filmé. A ses côtés, la jeune Victoria Luengo incarne sa fille, brisée par un passé douloureux et le poids d’une absence irréparable. Dans un rôle périphérique, Marina Fois retrouve Sorogoyen après As Bestas. Sur un canevas très proche de Valeur sentimentale de Joachim Trier, sorti l’an passé, ce très beau film interroge aussi sur les difficultés majeures pour certains artistes à se comporter comme des êtres humains « structurés » et parfois incapables de trouver les mots dans leur vie propre, livrant leurs émotions par le biais de leur art.

ANNEE DE PRODUCTION 2026.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Après le très violent As Bestas, l'espagnol Sorogoyen traite d'une relation père fille aussi chaotique que pleine de non dits. Beaucoup de maîtrise dans la réalisation. Javier Bardem épatant.

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