Créatrice de mode, Daisy Kenyon est amoureuse d’un homme marié, l’avocat réputé Dan O’Mara, qui ne se résout pas à quitter sa femme pour elle. Daisy se laisse alors séduire par Peter, un architecte qui a perdu sa femme dans un accident de voiture.
Pas vraiment majeur ni inoubliable dans la carrière du cinéaste Otto Preminger, Daisy Kenyon (traduit en français par un éloquent Femme ou Maitresse) est un portrait féminin où il explore des errements amoureux d’une dessinatrice hésitant entre son bel amant marié et père de famille et un ingénieur récemment veuf. Le scénario, plutôt réduit à peau de chagrin, traite du combat entre passion et raison, mais ne provoque guère d’intérêt, d’abord parce que ce type de vaudeville est finalement très courant au cinéma, ensuite parce que même la réalisation ne donne pas l’impression d’être assurée par Preminger, peu inspiré par son sujet. Pourtant, il y avait de quoi élaborer une belle étude de moeurs et poser un point de vue féministe sur la question en montrant par exemple combien la vie sentimentale de certaines femmes se voit guidée par des choix hasardeux ou arbitraires les incitant à se mettre en couple avec un homme qui leur sera toxique au final. Au lieu de ça, Femme ou Maitresse se classe dans la catégorie des drames sentimentaux banals et presque ennuyeux.
Ce qui sauve un peu le film c’est son joli casting. Dana Andrews, déjà dirigé par Preminger dans le mythique Laura, incarne l’avocat sûr de lui et menant une double vie sans le moindre scrupule. Henri Fonda joue l’ingénieur en construction maritime amoureux et tourmenté par son passé. Entre eux, l’héroïne a les traits de Joan Crawford, en pleine gloire après son Oscar du Roman de Mildred Pierce, et filmée au plus près afin de sonder son âme inquiète et indécise. Elle apporte une indéniable épaisseur à un ensemble malheureusement terne. Pour inconditionnels de l’actrice ou pour ceux et celles qui raffolent des trios amoureux…
ANNEE DE PRODUCTION 1947.



