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IL ETAIT UNE FOIS EN AMERIQUE

A New York, à la fin de la prohibition, Noodles se réfugie dans une fumerie d’opium après un coup qui a mal tourné. Plus de trente ans plus tard, il est de retour en ville et se remémore son passé de gangster : de sa jeunesse de voyou dans les années 20, marquée par sa rencontre avec son ami Max et leurs nombreux trafics dans le ghetto juif de la ville, jusqu’à la période de prohibition où leur bande, liée par une profonde amitié, s’enrichit et marque son ascension dans la pègre grâce au commerce illégal d’alcool. Noodles se rappelle aussi de sa relation amoureuse échouée avec Deborah durant toute sa vie.

Oeuvre crépusculaire et testamentaire du grand Sergio Leone, Il Etait une fois en Amérique clôt sa trilogie démarrée avec le sublime western Il Etait une fois dans L’Ouest et entend ici revenir sur la période couvrant la Prohibition jusqu’à la fin des années 60 en suivant les mémoires d’un vieux gangster et son parcours chaotique fait de violence, d’amitié et de coups durs. Avec une narration qui s’étire sur près de quatre heures, le film déploie un sens de la mise en scène époustouflant du maitre italien, aussi à l’aise pour filmer de grands espaces peuplés de cow boys et d’indiens que pour raconter les destins intimes d’hommes amis pour le meilleur et pour le pire. On suit ainsi la trajectoire de deux chefs de gang associés dans le crime, mais bientôt séparés par leurs méthodes différentes et les conduisant à un inévitable conflit. Dans une atmosphère quasi élégiaque, Leone privilégie de nouveau l’image, les expressions faciales de ses protagonistes au détriment des dialogues (finalement secondaires dans l’action), comme c’était déjà le cas dans les affrontements d’Il Etait une fois dans l’Ouest. Il compte aussi sur la musique (partition brillante) signée par Ennio Morricone pour soutenir l’émotion de bout en bout, à l’instar de ces notes de flûte de pan résonnant comme un signal de mort. Puissant dans son évocation radicale du milieu des gangsters (avant que Scorcese et Tarantino ne passent par là), le film se présente comme un drame lyrique et un polar violent, dignes d’une tragédie grecque.

Avec un très beau casting à l’appui, composé de James Woods, Elisabeth Mac Govern, Danny Aiello, Joe Pesci entourant l’incontournable héros joué par Robert de Niro avec sa science rare de l’implication. Au delà des lourds maquillages imposés par le vieillissement de chacun pour rendre crédibles le changement d’époque. N’oublions pas de noter la toute première apparition de Jennifer Connelly, 12 ans à peine, jolie comme un coeur. Cette fresque féconde traite de multiples thèmes (la trahison, l’amour fou, les remords) et Leone appuie le tout par une reconstitution appliquée du New York du début du siècle (surtout dans la première partie) et en rendant très vivant le quartier juif du Lower East Side. Fable sur l’Amérique toute entière, mélancolique et habitée, cet ultime film de Leone peut sans mal être considéré comme son chef d’oeuvre.

ANNEE DE PRODUCTION 1984

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Le dernier film de Sergio Leone est une superbe fresque entre drame et polar sur le milieu des gangsters. Articulé par une réalisation hyper soignée et qui n'oublie pas l'émotion pour autant. De Niro dans un de ses immenses rôles face à James Woods, teigneux à souhait. A voir et à revoir.

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