A l’âge de neuf ans, Hal Larsen se voit conseiller par son père mourant de toujours fréquenter de jolies jeunes filles au corps mince et « parfait ». A l’aube de son trentième anniversaire, Hal n’a toujours pas trouvé le grand amour, et pour cause, il est resté bloqué sur la beauté physique, le reste chez une femme n’a aucune importance à ses yeux. Dans un ascenseur, il fait la connaissance de Tony Robbins, un gourou qui l’hypnotise et lui permet de discerner la beauté intérieure d’autrui. Hal voit alors en Rosemary Shanahan, qui pèse plus de 135 kilos et travaille dans l’humanitaire, la femme la plus belle du monde. Il tombe aussitôt amoureux d’elle.
Auteurs du sympathique Dumb and Dumber et bien drôle Fou D’Irène (tous deux avec Jim Carrey) et surtout du désopilant Mary à tout prix (leur meilleur film et de loin!), Les Frères Farrelly sont les représentants les plus significatifs d’un humour féroce et caustique, du style qui ose tout, assez rare dans le cinéma américain. Avec L’Amour extra large, ils s’attaquent à la dictature des apparences à travers le personnage lourdaud et superficiel de Hal, un homme qui ne recherche que des « bombes » au physique « de rêve » alors que lui même n’a rien de l’Apollon idéal ( encore selon les critères arrêtés de la société). Un gourou change sa perception et il craque pour une jeune fille obèse provoquant l’incrédulité de son meilleur pote, aussi primaire et ras les pâquerettes que lui! Les Farrelly se moquent ainsi autant des gros que de la méchanceté gratuite de ceux qui les critiquent et font passer leur « héros » pour un blaireau de première classe! La première partie rivalise de gags, parfois inégaux, de dialogues amusants et de situations cocasses qui servent la soupe à cette comédie, assumant un manque de finesse (ce n’est pas le propre de leur cinéma après tout!). Ensuite, le film devient de moins en moins drôle pour laisser place à une comédie romantique beaucoup plus formatée.
Jack Black incarne le gars limité ouvrant peu à peu son esprit à l’amour (le vrai!), Jason Alexander joue son pote encore moins finaud avec délectation, et c’est Gwyneth Paltrow qui se fond dans la peau et le physique de la fille ronde au grand coeur pour un contre emploi assez réjouissant. Au delà de leur goût pour la provocation et fuyant toute morale facile, les Farrelly se trouvent ici un peu coincés le cul entre deux chaises: en effet, l’obésité étant courante en Amérique, ils prennent le risque d’être pointés du doigt pour discrimination, ce qui « amoindrit » sûrement la portée de leurs blagues. Par contre, mine de rien, ils questionnent la subjectivité du regard et ça, c’est plutôt gonflé!
ANNEE DE PRODUCTION 2002.



