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ELVIRA MADIGAN

1889. Sixten Sparre, lieutenant de l’armée suédoise, déserte pour s’enfuir avec sa bien aimée, la funambule Elvira Madigan, très jolie blonde. Un amour fou qui les enflamme et leur fait renoncer à leurs devoirs respectifs: elle, le cirque, lui l’armée. Leur liaison est d’autant plus réprimée que Sparre a déjà une épouse et deux enfants. Il se cachent dans la campagne suédoise pour profiter de leur bonheur, mais la réalité va bien vite les rattraper…

Le cinéma suédois ne se cantonnait pas seulement au maitre Bergman dans les décennies 60 et 70, il y avait aussi un jeune auteur du nom de Bo Widerberg dont on peut sans hésiter retenir le nom, au moins pour avoir réaliser cette belle oeuvre qu’est Elvira Madigan. Belle surtout pour ses précieuses images bucoliques, proches des tableaux de Bonnard, avec une nature lumineuse, un ciel bleu azur, la campagne paisible, magnifiées par le chef opérateur Jorgen Presson qui allait influencer notamment des noms comme Sven Nykvist. Tiré d’une véritable histoire se déroulant en Suède à la fin du XIXe siècle et qui devint un fait divers largement commenté (la romance impossible entre un lieutenant et une funambule s’étant donné la mort pour échapper à la pression sociale), Elvira Madigan tend à filmer un amour total, illégitime, vécu par ce couple adultère dans des décors naturels rustiques sur des airs de Mozart en guise d’accompagnement en apparence idyllique. En apparence seulement, car le récit annonce insidieusement un drame à venir, comme si le bonheur fugace ne pouvait aboutir qu’à une conclusion radicalement tragique. Widerberg explore la sensualité de cette relation interdite avec un regard tendre et sans jugement, nous rendant témoins de leur intimité et nous préparant doucement à l’issue inévitable. La brutalité du final tranche avec la douceur et la délicatesse des séquences d’amour et évite à Elvira Madigan de ressembler à un vulgaire mélo sentimental.

La belle et jeune actrice suédoise Pia Degermark incarne cette muse ravissante avec brio et a remporté le Prix d’Interprétation féminine à Cannes. Son partenaire Thommy Berggren (que l’on reverra encore trois fois chez Widerberg) l’accompagne avec tout autant de conviction et de talent. Widerberg capte l’essence même de l’amour fou, manie la caméra comme un as pour faire ressentir les battements de coeur de ses personnages, plonge dans leur désespoir grandissant et évoque ces faits réels comme s’il parlait d’un songe douloureux dont on voudrait se réveiller avant la chute ultime. Un film gracieux marchant, comme son héroïne, sur un fil dangereux, prêt à basculer à tout moment.

ANNEE DE PRODUCTION 1967.

 

REVIEW OVERVIEW

Réalisation
Scenario
Interprétation

CONCLUSION

Un superbe poème d'amour et de mort d'après un fait divers survenu en Suède. Bo Widerberg soigne ses images à l'extrême et passe de la douceur à la radicalité. Joli couple incarné par Pia Degermark et Thommy Bergrenn. Une oeuvre à ne pas manquer.

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