Los Angeles, années 1950. Une vague de règlements de comptes submerge la ville après la chute du caïd Mickey Cohen. La police criminelle travaille d’arrache-pied sur l’affaire de l’Oiseau de nuit, un massacre au cours duquel un ancien flic fut tué. Dans leur quête concernant les motifs et la nature de ce meurtre, trois inspecteurs aux styles radicalement différents doivent coopérer…
Dans la littérature des polars américains, James Ellroy tient une place majeure et ses romans noirs pourtant nombreux ont rarement trouvé d’adaptations sur grand écran véritablement satisfaisante… jusqu’à L.A Confidential ! Son style sec, sans esbrouffe, percutant n’est pas passé entre les mailles du filet de l’auteur de La Main sur le Berceau, Curtis Hanson, qui en tire un scénario certes un peu ardu, mais tout le temps prenant et surtout auréolé de tous les ingrédients des thrillers les plus accomplis. Cette plongée dans le Hollywood des années 40/50, où l’on croise aussi bien des stars que des sosies de stars, des vrais flics pugnaces et d’autres carrément corrompus, des gangsters sans morale aboutit à une intrigue complexe, avec moult personnages et scènes d’action de circonstance. D’une âpreté assumée, L.A Confidential se veut autant un hommage au genre du film noir qu’une vraie réflexion sur les moeurs douteuses d’une police à double visage, brouillant les pistes des bons et des méchants, et entretenant un suspense bien maitrisé. Entre des travellings impressionnants, des cadrages étudiés au millimètre et une photographie crépusculaire, la réalisation de Hanson mérite des bravos nourris et provoque une jubilatoire leçon de cinéma. Il est vrai que le script, à tiroirs, cherche à renouer avec celles du Grand Sommeil ou du Faucon Maltais, deux références absolues, et risque par instants de « perdre » le spectateur le moins attentif. La ville de Los Angeles, personnage à part entière essentiel, repose sur des artifices , des faux semblants, des miroirs sans tain et à nous de déceler la vérité fort bien cachée de chacun.
Hanson convoque pour l’occasion un casting canon, allant de Kevin Spacey, alors en odeur de sainteté avec ses succès de Usual Suspects et Seven, Guy Pearce sorti d’un tout autre univers avec Priscilla Folle du désert, et surtout Russel Crowe incarnant un flic aux méthodes « violentes » et pas encore devenu la star qu’il sera avec Gladiator. Enfin, la seule variation féminine du lot échoit à Kim Basinger en magnifique « ersatz » de Véronica Lake avec sa frange blonde sur le côté, distillant une sensualité folle autour d’elle. Ce rôle lui permit de décrocher l’Oscar du meilleur second rôle. Grâce à son esthétique classieuse, son montage nerveux et la profondeur de ses caractères richement élaborés, L.A Confidential constitue une date clef dans le polar américain, qu’il convient de voir et de revoir.
ANNEE DE PRODUCTION 1997.



